Tolérance sur fond noir

2002, cours préparatoire et apprentissage de la calligraphie sur les bancs d’une école de quartier. 2002 et la découverte de la politique dans la rue. 2002, c’est Chirac contre Le Pen et mes premières manifestations, mes premiers gros mots autorisés et la découverte de concepts.
J’entends souvent chez moi No racism, No sexism, et j’observe alentour la peur des lendemains. Surtout j’écoute Porcherie des Béruriers Noirs. Porcherie ou un titre qui ne m’a pas quittée. Fier représentant de mon espoir contre mon cynisme, et cette tristesse de le réécouter si souvent pour trouver la force de continuer à espérer et à croire en la rébellion, en la liberté de pensée et d’esprit de nos sociétés.

2003, le groupe joue aux Transmusicales de Rennes et les albums tournent quand en 2006 un voyage et un premier iPod me font écouter sans répit l’Empereur Tomato Ketchup, Salut à toi et Petit Agité que je braillais dans les oreilles de mon petit cousin pour l’embêter. De quoi continuer à éveiller mes instincts mordants et mon envie de changement.
Puis à Paris, dévorant encore les Bérus au petit-déj et entrant au collège, on m’offre des vinyles collectors de ces artistes mythiques dans une bulle d’aficionados.
Depuis, les Bérus reviennent, mais renvoient inexorablement à cette construction intrinsèque et expliquent sûrement ce qui bout dans mes veines. Les Bérus seront toujours quelque part dans mes gènes.

Les recettes au pif de Louison #4 : le brunch de l’été indien

Grâce à une symphonie de travaux matinaux, vous vous réveillez à 8 h 30 du matin après avoir fêté la veille. Vos idées ont du mal à se mettre en place… Que se passe-t-il ? Où êtes-vous ? Qui a pris l’agréable décision d’écouter des chansons paillardes sous votre fenêtre en cette heure matinale ? Après un rapide coup d’œil à votre fenêtre vous maudissez l’énorme camion qui ronronne et qui crache ces sonorités horripilantes.
Vous essayez de vous rendormir, en vain… Parce que c’est là que votre estomac prend le relais est qu’il lance un appel de détresse.

La faim vous tiraille, mais vous avez envie d’autre chose qu’une poignée de granola, ou que le fameux diptyque pain beurre ?

On est sur la même longueur d’onde et pour calmer vos pulsions dévastatrices, voici une proposition de brunch pour profiter de l’été indien…

LES INGRÉDIENTS :

Ils nourrissent à peu près deux personnes fatiguées qui ont vraiment le goût de manger.

1. Crème de citron sur son lit de granola (en gros tarte au citron et pâte au flocon d’avoine) :

Crème de citron :

– Un œuf
– Un citron et son zeste
– Une grosse cuillère à soupe de farine
– Sucre ou sirop d’érable trois cuillères à soupe, ou un peu plus
– Beurre, environ deux cuillères à soupe

Pâte de granola :

– Un œuf
– Deux cuillères à soupe de farine
– Un filet de lait
– Une cuillère à soupe de miel
– De six à huit cuillères à soupe de flocons d’avoine, le mélange doit être compact

Conseil : pour ma part j’ai pris un mélange de flocons d’avoine aux pommes, à la cannelle et au miel, et ça a très bien marché. Si vos flocons d’avoine ne sont pas sucrés, ajoutez un peu plus de miel.

2. Crumble de tomates au pain ou pain perdu Tatin à la tomate

– Trois tomates
– Une gousse d’ail
– Un demi-oignon
– Basilic
– Un tiers de baguette qui a durci
– Miel ou sirop d’érable
– Cumin
– Sel, poivre

3. Le croissant déjeuné et végé :

Le croissant :

– Un croissant. Vous pensiez sincèrement que j’allais vous en donner la recette ? N’oubliez pas qu’il est 9 h du matin (faut bien 30 minutes pour se décider à passer aux fourneaux) et vous êtes affamés. Alors, sortez en acheter, c’est plus sûr.

Garniture :

– Fromage de chèvre
– Ciboulette
– Salade

LA PLAYLIST :

Comme le titre l’indique, je vous parle du brunch de l’été indien. Du coup, comme vous êtes quand même encore un peu sur le party dans votre tête, vous avez un relent d’envie de danser qui vous monte aux gambettes.

LES RECETTES :

Bon même si de mon point de vue la partie la plus importante d’une recette au pif est le moment où l’on mange, avoir la recette c’est quand même indispensable pis c’est chouette pour le côté créatif et la montée du désir.

Photo par Myriam Bernet ©

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1. La crème de citron sur son lit de granola

a. La crème de citron

Dans un bol, mélangez du beurre préalablement fondu, un œuf, le zeste, la pulpe et le jus d’un citron, le sirop d’érable et la farine. Placez une minute aux micro-ondes à puissance maximale. Sortez et mélangez. Répétez l’opération jusqu’à atteindre les trois minutes de cuisson. Mettez de côté le temps de préparer le b, et de préchauffer le four à 200° C.

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b. Le lit de granola

Dans un autre bol, fouettez l’œuf avec du lait. Ajoutez le miel et continuez. Ensuite, incorporez progressivement la farine au mélange, puis les flocons d’avoine. Assurez-vous que le résultat soit assez compact. Si cela vous semble trop liquide, rajoutez des flocons d’avoine.
Beurrez un moule conçu pour faire six muffins. Répartissez de manière équivalente chacune des portions avec votre « lit de granola », puis y coucher par dessus votre crème de citron. Enfournez une dizaine de minutes.

Photo par Myriam Bernet©

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2. Crumble de tomates au pain ou pain perdu Tatin à la tomate

Coupez vos tomates, hachez votre ail et votre oignon. Ciselez le basilic. Dans un plat allant au four, répartissez vos ingrédients de manière homogène. Versez dessus du sirop d’érable ou du miel, du cumin, du sel et du poivre.
Coupez de tout petits morceaux de pain. Les placer par dessus.

Une dizaine de minute et censée s’être écoulée. Sortez votre crème de […] vous connaissez la suite, laissez-la refroidir, tandis que le crumble cuit toujours à 200 °C pour une quinzaine de minutes.

Photo par Myriam Bernet ©

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3. Le croissant déjeuné et végé :

Rien de plus easy. Coupez votre croissant de manière à ce que vous puissiez l’ouvrir en deux d’un côté et que la pâte ne soit pas sectionnée de l’autre. Tartinez-le de fromage de chèvre frais (c’est le mieux) que vous ornez ensuite de ciboulette et de salade. Mettez au four deux-trois minutes histoire que ce soit tiède.

Bon il est presque 10 h 30, vous avez la patate parce que votre coéquipier. e qui ne cuisine pas, mais qui mange (et qui est allé. e chercher les croissants) vous a bien faite marrer. Vous avez repris le goût du mouvement, mais vous avez grave la dalle. La bonne nouvelle c’est que c’est prêêêêêêêêêêt. Ne vous reste plus que le dressage fancy et à passer à table !

Photo par Myriam Bernet ©

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Bon’ app, et je vous dis à bientôt pour une nouvelle madeleine et sûrement pour une réflexion au tour du végétarisme, et si le cœur m’en dit autour de la bouffe au ciné. En attendant mangez du blow up (arte) pour les cinéphages, puis bon courage à ceux qui ont repris les cours, le travail ou le train train.

Sinon toujours sur les réseaux (notedelouison sur insta) et dans l’écriture/autre pour maze.fr

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Soirées et maux de crâne québécois

Je l’ai découvert pendant une nuit chaude en Abitibi (région du Québec ndl). Ce charisme et cette énergie ne m’ont pas laissé insensible. Pourtant je ne pensais pas que le FME allait me faire découvrir un gars comme lui, ce Louis-Jean Cormier déjà adulé par beaucoup. Le FME allait être une expérience en soi, marqué par tant de nouveautés, de bonheur et de nostalgie.  Je n’imaginais juste pas qu’il allait en devenir l’incarnation. Qu’il allait coller à mes basques après m’avoir offert ce petit frisson en interprétant « Tout le monde en même temps. »

Je n’imaginais pas m’enfourner sa voix dans les tympans à chaque période de down. À chaque fois que je me déçois, que j’ai besoin de solitude ou qu’un cycle montréalais se ferme. Je ne me doutais pas que de cette première fois découleraient tant de derniers instants. Tant de moments échappés dans les airs de la vie, tant de présents trop vite renvoyés au passé. Louis-Jean Cormier c’est ce sentiment de liberté et de bonheur si vite dissipés. De ceux que l’on aimerait garder précieusement au creux de sa main pour y replonger quand ça va moins bien.
C’est cet étrange malheur teinté d’espoir qui nous dit que de ce passé regretté surgiront bien des lendemains. Et ce sont ces lendemains qui deviendront ce passé à l’amertume délectable.

« La Fanfare » me renvoie à l’image d’un lac rosi par le soleil se dissipant. C’est la vision de bières dans le frigo d’un hôtel, le goût du redbull et la sensation de cette chaleur humide typique du Québec à partir de la fin mai.

C’est l’envie d’y croire, d’aimer et de rêver. C’est aussi le paradoxe de cette insouciance évaporée et de certaines histoires avortées avant même d’avoir pu commencer.
Louis-Jean Cormier c’est Montréal et les difficultés qu’apporte le fait de grandir. Ce sont ces allées sur lesquelles se dressent des barrières à sauter. Ce sont ces succès et ces chutes, ces moments d’entre-deux.
Louis-Jean Cormier c’est l’ivresse de l’éthanol et le mal de tête qui paraît interminable du lendemain. C’est la soirée, mais aussi la gueule de bois.

Un quotidien emporté par le vent

En relisant Nick Hornby et les premières pages de son 31 songs, une phrase m’a stoppée nette : « quand on aime une chanson, quand on l’aime assez pour la laisser nous accompagner tout au long des différentes étapes de notre vie, la répétition gomme tout souvenir spécifique. »
Il est vrai que la répétition ne laisse aucune place à la précision. Comment se souvenir de chaque instant où ses notes et ses mots nous ont bercés ou animés? Les nouvelles technologies, les services de streaming, la dématérialisation de l’objet ont rendu d’autant plus naturelle cette répétition pour la pousser à son paroxysme. Il est aujourd’hui encore plus aisé d’épancher sa soif de musique, de subvenir à ses pulsions extrêmes, à son musicomanisme de cette substance enivrante. Y revenir n’aura jamais été aussi facile et pourtant… Pourtant, des artistes, des albums et des chansons bien que réécoutées à outrance ramènent à des instants, à des moments comme leur découverte ou un évènement marquant.
Certes, ces fragments sonores n’y sont pas les uniques ports d’attache, mais des balises auditives au pouvoir de remémoration tout aussi puissant qu’un goût ou une odeur. Si une atmosphère peut renvoyer l’espace d’un instant dans un lieu précis, la musique aussi.
Pour cette raison, mes lettres choisiront régulièrement au gré de l’envie et du moment, des morceaux qui ont marqué de manière durable ma vie et qui risquent encore d’y laisser une empreinte pérenne.

Le vent nous portera, premier lien avec ce Noir Désir qui reste tatoué dans mes gènes. Un bruissement me suffit à reconnaître cette pièce de mon enfance si souvent jouée à la maison. Jeune, poreuse à chaque découverte, l’aspect redondant de l’écoute évoque chez moi l’odeur du plancher, la froideur du carrelage de cette grande salle divisée en deux, et le canapé recouvert d’un tissu léopard. Mes parents si jeunes, et surtout ce salon qui me paraît si grand. Puis la chaîne hi-fi et les caisses de disques. Ma mère qui chantonne, puis mon père qui m’explique que c’est un groupe qui l’a marqué, lui qui est bordelais. L’histoire et les images se répètent, un quotidien emporté par ce vent…
Puis un jour, c’est le drame dans mes montagnes. Cette voix si appréciée est à l’origine d’un acte qui me glace le sang… et pourtant la musique reste, subsiste et ne peut s’empêcher de continuer son chemin dans mon quotidien.

Le temps passe, les goûts changent, mais Noir Désir ne trépasse. D’autres titres se font une place. L’homme pressé lui aussi entendu depuis des années marque un de mes étés au bord de l’eau et la rage de l’adolescence. À l’envers À l’endroit et ce constat, cette mélancolie et ce mal inextricable que le groupe expie. Ce mal matérialisé dans l’immatériel.

Cette tristesse et l’ennui de la campagne en plein été. Le paradoxe de la beauté de cet ennui qui éveille la curiosité, et favorise la lecture.
Noir Désir réveille tellement de lieux et de couleurs. Le vert tendre de l’herbe dans laquelle se mire le soleil; le bruit des abeilles et l’odeur de terre humidifiée par la rosée. Les balades tardives et la douceur des habitudes passées.
Et Marlène en 2012 qui synthétise ces années. Marlène et ces cœurs qui saignent, Marlène et cette urgence.

Mais au final, que reste-t-il? Cette envie irrépressible d’être envoyée dans ce Bordeaux effervescent d’un début des années 1990 fantasmé. D’un monde passé où Bertrand Cantat n’était connu que pour sa musique, et dans lequel les squattes culturels vivaient leurs meilleurs moments.
Noir Désir, c’est une époque terminée où le rock en français avait la place d’exister. Où la colère grondait sous la plume de certains auteurs, où la rage s’accordait à la vigueur des instruments, où l’on s’exprimait par le biais de cette poésie chantée et maintenant datée.
Noir Désir est un souvenir qui a encore de beaux jours dans les abysses de ma mémoire, et la porte ouverte à ma nostalgie.

 

Écouter la fin d’une session

Que l’on aime ou non ses études, la fin de session est toujours un passage obligé qui a des effets non désirés sur le quotidien. Manger à des heures diverses et variés. Boire des litres de café, de thé et même de redbull une fois la nuit tombée. Visiter bibliothèques, appartements et autres endroits fermés pour se donner l’impression de bouger, de sortir et de s’aérer. Puis se trouver des diversions et des raisons à la procrastination. Pour ma part, mon esprit s’est naturellement décidé à passer une heure à la création d’une playlist sensée aider à réviser, chercher et écrire. Je vous la partage donc, peut être y trouverez vous votre compte !

En attendant, solidarité et courage !

 

À nos 20 ans

Dans le cadre de cet évènement un peu spécial, voici un texte qui résume mon amour pour un festival en particulier, pour les festivals en général, et surtout pour la musique. Alors, si vous travaillez dans ce  milieu et que vous lisez ces lignes, n’hésitez pas à me solliciter, je serai ravie de faire un stage. Bref :

20 ans c’est tout un anniversaire.
Ce sont deux décennies traversées à vive allure, durant lesquelles la musique et le festival ont muté. En 1997, le fameux mot-valise Garonne Rock avait un sens encore plus fort, au vu d’une programmation centrée sur une culture alternative dérivée du punk, et de concerts dans d’anciens abattoirs aux accents industriels. Depuis, le Garorock a changé de date et n’ouvre plus la saison des festivals, mais s’impose dans le paysage estival. Le Garorock n’est plus fait de goudron et de béton, mais de terre et de gazon après avoir investi de nouveaux lieux en 2012. Le Garorock a grandi, pour finalement souffler ses 20 bougies. Il n’est plus tout à fait le même, mais l’essence des débuts est encore là. Il a évolué, mais continue d’offrir au Sud Ouest un festival a ses couleurs. Un évènement festif, éclectique et chaleureux, qui accueille une diversité de personnes venue se rassembler pour fêter. Un lieu d’échange où la musique domine, où les rencontres se font, où les gens se retrouvent. Un lieu de vie qui n’est pas prêt de disparaître et qui se prépare à une nouvelle décennie faite de nouvelles évolutions.
Depuis 1997, certains artistes alors inconnus ont depuis été reconnus. D’un petit festival de rockeurs 90’s on est passé à un évènement majeur des amoureux de musique.
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Le Garorock est une grande part de ma vie. Il m’a vu naître et grandir au rythme de ses programmations. Il m’a vu rire et a réussi à faire venir en 1998 le groupe qui m’a donné mon nom, Ludwig Von 88. Il a vu passer des groupes devenus cultes, considérés aujourd’hui d’une autre époque, et alors en activité. Il a vu croître mes amitiés au son d’un des derniers set de Dj Mehdi avec Busy P, a fait grandir mon amour pour Wax Tailor, m’a fait danser sur scène avec les Wampas, puis apprivoiser le hip-hop grâce aux Puppetmastaz, mais aussi à Cypress Hill ou Public Enemy.
Puis, les années passant, j’en suis arrivée à fouler le sol du festival avec un groupe d’ami.e.s. À cuire au soleil sur l’herbe du camping l’après-midi, à croiser Orelsan au détour d’un concert, à interviewer Biga*Ranx et à continuer les festivités jusqu’au petit matin. À vivre quatre jours dans l’insouciance, et entourée de personnes partageant un même intérêt. À pogoter sur du Die Antwoord deux fois en trois éditions, et parfois à regretter d’avoir raté un artiste comme Laurent Garnier.
Le Garorock, c’est aussi se perdre et apprendre à se passer du virtuel pour cultiver la vie réelle. Ne plus avoir de batterie, se munir d’un appareil photo jetable, et adapter son mode de vie. C’est aussi apprendre à s’armer de patience, pour entrer sur le site, pour manger ou pour se doucher. C’est accepter de voir son temps de sommeil se réduire, mais c’est surtout se construire plein de souvenirs, qui valent la peine de tous ces maux de tête.
Nous fêtons nos 20 ans cette année, et je n’ai qu’une hâte, découvrir ce que le Garorock va encore nous offrir à l’orée de sa maturité.

Louison Larbodie
Texte publié dans le dossier de presse du Garorock
Du 30 juin au 3 juillet 2016, vous êtes pas mal sûrs de m’y croiser.

Les recettes au pif de Louison #1 : la tarte à la courge buttercup

Bonjour vous tous,
Comme je l’avais mentionné dans mon précédent post qui date déjà de deux mois, la nourriture, l’alliance des saveurs et le fait de cuisiner me fascinent. Je pensais donc vous faire partager certaines de mes recettes qui selon mes goûteurs réguliers, sont très satisfaisantes. Le seul hic, c’est qu’en général je fais un peu ça au feeling. Je vous présente donc ma première recette au pif : la tarte à la buttercup. Conditions sine qua non pour l’essayer :  aimer la couleur orange, les courges, les épices et écouter de la musique très fort en fond sonore (ça aide à mettre un peu de joie dans cet ouvrage).

LES INGRÉDIENTS :

1. la pâte :

– 250g (environ 9 onces) de farine de préférence complète ou semi-complète
– 1/2 sachet de levure
– 1 pincée de sel
– de l’huile (à peu près une demi-tasse)
– de l’eau tiède (la même)
– du curry, du cumin, du paprika (je dirai bien deux cuillères à café en tout voir plus, mais je kiff un peu trop les épices, donc à voir)

2. la purée de courge :

– 1 courge butternut
– 1 oignon
– Gousses d’ail selon le goût (2 ou 3 selon les miens)
– 1 tasse de bouillon de légumes
– 1/3 tasse de lait (facultative)
– Environ 1 ou 2 cuillères à café de curry (selon les goûts et un peu au pif)
– Du thym pour ceux qui aiment et qui en ont
– sel, poivre
– cacahuètes non salées

3. la playlist :

Pour cuisiner, il faut faire preuve de patience. Et la tarte à la courge ne demande pas le même entrain que faire des fajitas, mais quand même quelques sonorités réconfortantes. Pour la préparer, je vous propose donc d’écouter :
– Today – Odesza
– Rely – Odesza
– Venus – Fakear
– Pearl – CRi
– Lazuli – Beach House
– Gibraltar – Beirut
– Torrent – Asgeir
– Neighborhood #2 (Laika) – Arcade Fire
– Dixie – Harmonium
– Stand Up – Bears Of Legend
– Oublie Pas – Karkwa
Ou encore un peu de blues, de musique cajun ou de country tel que :
– Cross Road Blues – Robert Johnson
– Devil’s Son in Law – Peetie Wheatstraw
– Last Night – Little Walter
– Factory Girl – The Rolling Stones
– I am A man Of Constant Sorrow – Norman Blake
– La Terre Tremblante – Marco Beltrami, Dirk Powell
– Country Boy – Johnny Cash
– Wagon Wheel – Old Crow Medecine Show

LA RECETTE :

1. La pâte :

Mélangez votre dose de farine, la levure, les épices et la pincée de sel. Formez ce que l’on appelle communément un puits, pourquoi pas un cratère, en bref faites un trou au milieu du mélange. Versez-y un peu d’huile puis un peu d’eau de manière à ce que l’équité et la parité se fassent dans vos mesures. L’idée est d’obtenir une jolie boule de pâte qui ne colle pas vos doigts. L’étaler, et la déposer dans un moule fariné.
Faire précuire la pâte 10-15 minutes à 180°C, de sorte qu’elle soit presque cuite, mais pas tout à fait, et surtout pas cramée.

2. La purée de courge :

Munissez-vous d’une paire de lunettes de piscines ou d’un masque de ski. Épluchez votre oignon et hachez-le finement. Enlevez votre protection. Hachez vos gousses d’ail et vos cacahuètes (que vous réservez). Faites dorer oignon et ail dans une casserole à fond épais avec un peu d’huile, de sel et de poivre. Dans le même temps, occupez-vous de votre courge, coupez-la en cube et épluchez-la si vous le voulez, mais il faut savoir que la peau de la buttercup est fine, donc ce n’est pas forcément utile. Ajoutez-la à votre casserole. Faites-la revenir avec les autres ingrédients quelques minutes, puis versez votre tasse de bouillon de légumes. Couvrez et faites cuire pendant 15-20 minutes. Goûtez régulièrement, et quand la courge vous parait assez tendre, arrêtez la cuisson et mettez la quantité d’épices et de sel désirée.
Commencez à mixer le tout, si le mélange vous semble trop compact, y ajouter un peu de lait, et mixer à nouveau.

3. La tarte :

Sortez votre fond de tarte, déposez-y la purée de courge de manière à ce qu’elle soit répartie de manière homogène sur toute la pâte. Parsemez de cacahuètes hachées, rajoutez une ou deux pincées de curry. Enfournez 5 minutes à 180°C pour faire dorer vos cacahuètes et finir la cuisson de la pâte.
Et voilà à vue de nez c’est prêêêêêêt, ça tombe bien vous avez faim, ne savez plus quoi écouter et avez une masse de vaisselle en retard. D’ailleurs s’il vous reste de la purée, elle est très bonne comme ça, ou transformée en muffin de courge.

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Allez, j’vous laisse déguster et je vous reviens bientôt avec mon bilan de presque un an de plus au Québec, ça va être long, complet et plein d’aventures.
En attendant, vous pouvez suivre un peu mes pérégrinations sur mon instagram : @louloulehibou

 

Un air du Canada

Papa, Maman, famille, amis et les autres, si vous lisez ces lignes c’est que j’ai été admise à l’UQAM ! Je m’en vais donc pour au moins un an voire trois, et sûrement plus, on verra …

Prête à partir dans les prochains mois, je trouve tout à fait d’actualité de consacrer un petit article à deux artistes qui font Montréal, du moins qui plaisent à mon ouïe et qui me poussent à suivre ce flot venu de loin !

L’Ontario d’abord, mais maintenant le Québec cache dans les tréfonds de son hiver une musique pure et polaire, une voix minérale venue des tripes, du bouillonnement sous l’opercule du Saint-Laurent. Black Atlass tel est le surnom du garçon de 19 ans. Jeune, nourri d’influences, Alex Fleming redynamise les genres comme le r n’b. Il suit sur Blossom l’esthétique d’AlunaGeorge tissant l’espoir d’une nouvelle scène moderne.
Son premier EP, Young Blood, sorti le 18 février dernier, livre un contenu dense, voguant sur un même esprit, suivant un même fil. Loin de se perdre dans un labyrinthe de styles, le disque suit tout de même un chemin sinueux. Il passe de la grâce volubile de Paris, nous faisant flotter au dessus du panorama majestueux de la capitale française, à la profonde puissance de Castles. The Rose, Jewels ou Blossom dégagent une sensualité attrayante. En featuring avec XXX, XXX l’univers se décale un peu et prend de la hauteur, s’accrochant à une espèce de hip-hop hybride. Young Bloods est encore en-dehors, linéaire, répétitif et excitant, à mon plus grand étonnement.
Terriblement sexy et innovant, en France, au Canada ou autre part, découvrir Black Atlass ne doit pas attendre le dégel.

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Après un Montréal envoûté par l’air glacial et la neige, c’est un Montréal aux lumières rasantes qui se profile. Un Montréal estival, ouvrant ses portes à un temps clément, un Montréal éloigné des clichés que l’on nous débite à longueur de journée. Montréal, son charme presque européen, mû sous une attitude quasi-américaine, Montréal unique. Montréal comme un grand Williamsburg, où une explosion culturelle est à l’œuvre. Un Montréal fantasmé, qui cache sous un dynamisme apparent un mal être récurrent.
Peter Peter, nom aux résonances enfantines, une sorte de Peter Pan en écho, tend sous sa voix juste éclose une pop douce-amer. Derrière des mélodies scintillantes, sourire de façade, se trouvent des paroles, des mots balancés à la noirceur affichée. La mélancolie est là, aux portes du bonheur. Loin d’être déprimé, on se laisse porter. La nostalgie est présente, mais on tente de ne pas se laisser totalement tomber dans la dérive du regret. Ainsi, indirectement, Peter Peter nous pousse à écouter la directive pascalienne : « Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens; le seul avenir est notre fin. Ainsi, nous ne vivons jamais, mais nous espérons vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. » Le présent se doit d’être vécu, et on doit lutter pour, on ne doit pas le laisser de côté. C’est à quoi on se raccroche quand on écoute son lent chuchotement sur Une Version Améliorée de la Tristesse : « Moi et mes amis travaillons forts à noyer la douleur et l’ennui, nous forgeons au sein de nos ivresses, une version améliorée de la tristesse. » Ne pas se perdre, trouver une trouée dans tout ce brouillard.
Tergiverse n’est pas mieux : « Quel âge aurais-tu si le monde venait à s’écrouler« . L’artiste nous montre une face absurde de nos vies, on se perd, on plonge dans « le néant » comme on l’entend sur Réverbère et pourtant, le contraire opère. Transporté, l’idée est plutôt de trouver un sens à tout ça, de ne pas se laisser avaler.
Beauté crépusculaire, Peter Peter nous plonge dans un spleen universel, dans une débauche omniprésente, sans nous donner une clef au bonheur, sans faire apparaître l’espoir. Et par psychologie inversée, l’amertume nous mène à la sortie de l’obscurité, à l’aube, à la tolérance.

 

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Printemps 2014 : découvertes #4

Prise par d’autres projets, vouée aux contraintes lycéennes sous le signe d’APB, de concours et de dossiers, ce blog n’a plus le temps de tourner. Pourtant, si l’envie m’en prend, l’organisation est possible. Aujourd’hui je vous propose donc un petit tour musical pouvant accompagner beaux et mauvais jours, à vous de voir !

1. Noir Cœur

Résolument indépendants, frais, et d’une noirceur mystique, la place du duo toulousain est depuis longtemps dans mes oreilles. Entre percussions exotiques à tendances tribales, et voix mystérieuses aux susurrements sectaires et entraînants, Noir Cœur est de saison. Un EP à leur actif Jahnimal EP sorti en 2012 reste tout aussi efficace deux ans plus tard. Mélodies planantes et déconnectées donnent à Soleil et Endless Blumer un petit côté à la Crystal Fighters. Ils n’en restent pas moins indispensables pour mener à bien un Carpe Diem qui sera plus d’actualité d’ici 3 mois. Si le Souverain Bien est pour les hédonistes le plaisir, chez eux ce serait plutôt la musique, qui canalise les désirs par la création artistique. De quoi patienter, avant de pouvoir poursuivre sa propre philosophie cet été, débarrassé des contraintes d’une année à travailler.
À noter : les deux garçons loin de se cantonner à leurs propres créations réussissent très bien dans l’exercice du remix, comme le prouve Entertainment de Phoenix.

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2. Symbiz Sound

Envie de remuer, de danser, de vous déhancher ? Moins mainstream que les sonorités latines qui écorchent nos oreilles chaque été, Symbiz est pour vous ! Entre légère dubstep, dub tout court, hip-hop qui tabasse et sonorités métissées, voilà un collectif prêt à rivaliser avec Diplo et son Major Lazer. Les compositions alliant des featurings venant de divers horizons, ne se ressemblent pas mais sont animées par un objectif commun : créer le besoin de se laisser aller ! Les références multiples penchant parfois du côté d’un Down On Life à la Elliphant ou d’un reggae parfaitement assumé, procurent une joie toujours renouvelée.
En ce début de printemps, Soundboy Dead, Taking Over, ou All Alone (feat. Teacha Dee) sont particulièrement efficaces, tous trois empreints d’une douce puissance.
Composé de deux frères musiciens (Buddysym et ChrisImbiss) et de Zhi MC (connu par les Puppetmastaz), le trio allemand sait comment redonner le sourire ! Que ce soit en live ou en écoute classique, si vous êtes à la recherche de bonne humeur, vous trouverez en Symbiz votre meilleur atout.
À noter : Encore une fois, derrière les compositions originales se cachent parfois des perles. Vu au Garosnow à Peyragudes, Symbiz a rendu hommage à Fatboy Slim à sa manière, en livrant un superbe remix de Praise You.

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3. Dream Koala

En faisant le tour des programmations de festivals, on déniche souvent de nouveaux venus prometteurs. C’est grâce à Osheaga qu’un jeune homme (19 ans), français et vadrouilleur, a fait un détour sur mon ordinateur. Une candeur mélodieuse anime des compositions voluptueuses. Et voilà que de morceaux en morceaux Dream Koala se révèle. Apaisantes Ocean ou Odissey prennent la forme d’un bruissement caressant, coulant en flot dans l’espace vide. On se laisse alors transporter comme dans un songe au fil des créations, profitant avec délice de chacune d’elles, reposantes et revitalisantes.
À noter : Une voix angélique, presque un murmure, sur la très belle reprise d’Iron de Woodkid.

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Gesaffelstein – Le Bikini, Toulouse (Ramonville)

Un pseudonyme aux résonances allemandes cache derrière lui un français, lyonnais plus précisément, à l’électro froid et épuré. Un nom, celui de Mike Lévy, est collé sur toutes les bouches, tous les papiers et même les tablettes tactiles. Un album sorti le 28 octobre 2013 à la pochette graphique et translucide a étoffé l’encre et les paroles.
Un DJ prometteur, et beau gosse qui plus est, ne pouvait pas passer inaperçu. Classe, l’homme en vrai, en disque ou en live est toujours précis, rien ne dépasse, tout est calibré.
L’arrivée sur scène se fait en toute sobriété, sans aucun surplus, seule l’accompagne une lumière opaque, enfumée qui ne nous fait discerner qu’une ombre derrière des platines. Et puis la musique fut.
Dans cette ambiance pleine de mystère, et glaciale sur scène, le public dans la fosse s’agite, se compresse et vit. Un son ciselé, concis, on pourrait même dire lisse et parfait, se déverse dans nos petites têtes vidées, et dans nos corps dépossédés. Rien n’importe que ce flot incessant, que cette masse vivace, et que ces images furtives attrapées à la volée. Le plus important c’est de couver le rythme, de ressentir cette techno martelée, sombre qui procure un sentiment de transgression. Plus le temps avance, moins on a l’impression d’avoir vu tout le potentiel dégagé.

Gesaffelstein // Le Bikini, le 30/11/13 // Facebook Officiel

Gesaffelstein // Le Bikini, le 30/11/13 // Facebook Officiel

Les minutes passent si vite sous les doigts de Gesa, de cet acronyme compacté. C’est pourquoi ces deux syllabes ne cessent de déferler de nos cordes vocales, même si les notes résonnent comme des menaces, tout comme le nom des pistes (Viol, Depravity, Pursuit, The Lack of Hope …) c’est la peur de le voir partir qui est la plus forte.
La structure quasi obsessionnelle des pistes les rendent addictives, pourquoi s’en passer ? L’effet est dévastateur, et nos vies ne sont pas en périls, autant continuer ! Qu’a-t-on à perdre dans une telle soirée ? Peut-être nos neurones retournées par ce spectacle ciselé, et par l’hystérie déliée. Mais au final, on gagne. On en ressort essoufflé (presque healthy comme concert), fatigué, libéré, surexcité, mais le plus important c’est qu’à la fin on est heureux. On en remangerai bien quelques bouchées du Gesa, pour être encore plus décompressé du stress suranné d’une vie calculée. Cette singularité presque répétitive qui se dégage a un effet efficace sur le moral.
En bref, malgré les répercussions instantanées a plus ou moins long terme, et l’euphorie post concert, est-ce bien extraordinaire ?
Le lyonnais fait son job, et est fidèle à l’image qu’il véhicule, jamais il n’en décolle. La 1ère fois a donc tous les symptômes d’un set réussi, mais peut être que pratiqué à intervalle régulier on peut s’en lasser.
Bilan : techno addicts, et autre fanatiques de musique, consommez du Gesaffelstein avec modération, il serait dommage de devoir s’en passer. Surtout qu’à petites doses, c’est vraiment bon.

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