Un air de changement

Lac des Plages (LDP DLP), Québec, octobre 2015

Lac des Plages (LDP DLP), Québec, octobre 2015

Quatre, le nombre de doigts qu’il m’est maintenant utile de maintenir en l’air pour compter les années de ce site. Quatre ans qu’il existe et qu’il n’avait subi aucune modification. Mais aujourd’hui, un vent de changement doit se faire. De 2011 à 2015, les choses ont changé. Mon moi d’aujourd’hui a fait son petit bout de chemin face à ma bouille et à mes idées de jeune 2de. D’une base similaire, mes perspectives ont évolué et avec elles mes intérêts et mes projets.

Notedelouison a été le vecteur de partage de mes passions. L’écriture d’abord, mais l’art, la musique, les festivals, le street art aussi. Si elles, elles n’ont pas changé, d’autres interfaces me donnent l’opportunité de m’exprimer à ces sujets et c’est grâce à ce blogue que j’y suis arrivée. D’un côté, il y a Maze bien sûr. Cette incroyable revue en ligne et cette formidable aventure entamée en février 2013, pour laquelle j’assure la coordination de la rubrique art depuis août de la même année. Le premier changement, le premier goût organisationnel et professionnalisant dans le milieu culturel. De l’autre, il y a aussi La boîte à Musique Indé de manière plus occasionnelle, mais tout aussi plaisante. Autant vous dire que pour vous écrire sur des sujets concrets les possibilités sont multiples. Et, les collaborations ponctuelles ne s’en tiennent pas là. Depuis 2011, j’ai eu l’occasion de prendre part plus ou moins longtemps à d’autres projets. Le Canard Qui Rit, journal éphémère en 1ere, le blogue des Francofolies de La Rochelle en 2012, celui du Garorock la même année et celle d’après, et plus récemment Museomix il y a de ça quelques semaines. Les challenges sont pluriels et la motivation palpable.

Si les envies et les raisons premières à la fondation de ce blogue sont assouvies quelque part, d’autres sont apparues. Plus ou moins concrètes peut-être, mais qui ne demandent qu’à être déliées sur la toile. Et Notedelouison va me permettre d’assouvir cette faim d’expression toujours grandissante. Ndl va me servir de support pour dépeindre mes amours nouveaux. Un beau moyen de continuer de voir ma vision du monde changer et d’étancher ma soif de savoir et de découverte.

Dès aujourd’hui, c’est ici que s’installe le dessin de mes nouvelles pérégrinations, de mes voyages physiques, culinaires et spirituelles.  Notedelouison, mon journal de bord en somme, commençant sur une nouvelle ère : Montréal.

Montréal, mois huit

Pour la petite néophyte que je suis encore, Montréal se révèle être un nouveau terrain de jeu adapté à la tranche de vie dans laquelle je suis. Les opportunités et les rencontres sont là, il suffit de savoir les arracher afin de pouvoir les dévorer. Expériences, découvertes et explorations s’attrapent à la volée de la spontanéité. La témérité est là pour se construire et les aventures pour être vécues.

Depuis le dernier article la vie a coulé sans trop y penser. Le temps a défilé vitesse grand V. Pour autant le quotidien installé s’est à chaque fois retrouvé un peu bousculé. Une fois une routine installée elle en a encore été mieux déconstruite.

Été indien - 27 septembre 2014 - Droits réservés

Été indien – 27 septembre 2014 – Droits réservés

Octobre : Premier voyage, premier road trip dans le Québec. Père dans la province. Possibilité de louer une voiture et de se rendre dans les Saguenay / Lac St Jean pour un festival qu’on croirait perdu dans la campagne. Bien sûr c’est un peu le cas et c’est ce qui a fait tout le charme de l’instant. Que faire face à l’immensité de ce lac, face à la longueur éternelle de la route, face à la beauté automnale, face aux multiples cours d’eau et aux arbres agglutinés ? Toute âme à minima créative se découvre des envies créatrices. Écrire, peindre, réaliser, dessiner, les paysages révèlent divers desseins.
Une fois à Saint-Prime, les soirées s’enchaînent, les groupes se succèdent et le bonheur se déguste avec du recul. Finir dans le flou artistique d’une grange ou aller visiter un zoo aux allures de parc animalier font parti du voyage. Apprécier la musique d’un Jon Spencer en grande forme avec Heavy Trash ou l’énergie de groupes Montréalais n’ont fait que donner au tableau plus de singularité. Pour plus de détails sur les joies du festival, rendez-vous sur Maze.

Sur la route - 14 octobre 2015 Droits réservés

Sur la route – 13 octobre 2015 – Droits réservés

Lac St Jean - 12 octobre 2014 - Droits réservés

Lac St Jean – 12 octobre 2014 – Droits réservés

Candice, Lac Saint-Jean - 12 octobre 2014 - Droits réservés

Candice, Lac Saint-Jean – 12 octobre 2014 – Droits réservés

Puis se fut le retour à la ville. Ce contraste fut pour quelques jours difficile mais une amie d’enfance fit irruption pour donner de nouvelles impulsions à cette vie loin de la monotonie. Découverte de nouveaux lieux, de galeries et d’un collectif aux projets passionnants et à la volonté incroyable : Under Pressure.
Octobre fut aussi le temps d’Halloween, sûrement le premier véritable. Voir à quel point ici la fête est une institution quand carnaval n’est que peu célébré.

Novembre, partir un week-end dans un chalet dans les Laurentides. Se balader, jouer au Risk, au loup-garou et fêter.
Début de l’hiver, rentrer de Laval à six heures du matin, arriver à huit heures à Montréal et voir le soleil se lever sans s’être couché. Fêter Noël avec d’incroyables personnes rencontrées depuis peu et surtout avec sa merveilleuse amie et colocataire, compagne des années et sûrement des décennies à venir.

Mi-décembre, prendre l’avion, rentrer en France. Manifester, revoir Paris, être émerveillée par un rien. Courir de ville en ville pour voir la famille. Les deux-sèvres avec la mère, la grand-mère et la petite sœur pour pouvoir assister au soufflage de sa cinquième année. Descendre d’une région, ressentir l’air de l’Aquitaine, sentir que l’on est chez soi. Voir son père, sa belle-mère et sa sœur. Avoir de nouveau peur, mais être rassurée. Découvrir une nouvelle maison.

Cinq ans déjà pour la petite cascadeuse - près de La Jarge -  21 décembre 2014 - Droits réservés

Cinq ans déjà pour la petite cascadeuse – près de La Jarge – 21 décembre 2014 – Droits réservés

Puis Noël, le vrai. La veille retrouver oncle et cousin pour de merveilleuses retrouvailles. Rire, veiller et s’endormir tard. Puis préparer la maison pour le repas. La jeunesse doit être à la hauteur des attentes des autres générations. Profiter de l’instant, être heureux.ses du moment. Aimer revoir toutes ces personnes aimées et si peu souvent vues.
Le 26 décembre fêter dans un club de la petite ville, dernier Garoclub de l’année. Voir dans cet endroit improbable Acid Arab et beaucoup rigoler. Finir les fêtes par rendre en retard un devoir de session sans regretter.

Enfin retrouver les chemins toulousains pour quelques jours intenses. Revoir le petit chat à la fossette, faire une soirée imprévue chez un ami et se dire que la vie est si simple. Courir entre plusieurs lieux pour capter le plus de personnes que l’on ne pourrait se passer de voir. De 5 minutes à quelques heures, le temps ne compte pas, seule la présence importe.
Retourner à Carbonne avec mère et sœur, se balader comme avant. Aimer ces quelques heures dérobées à l’envie de se dépêcher. Profiter de leur présence exceptionnelle. Repartir, passer chez l’arrière grand-mère toujours en forme. Discuter et partager. Découvrir Limoges guidée de la meilleure manière. Comprendre à quel point ces instants sont importants et doivent rester gravés.

Encore partir, mais dans la peur et l’incompréhension. Effectivement, retrouver Paris le jour où un drame est arrivé. Paris en deuil, Charlie Hebdo attaqué. Être accueillie par les meilleures personnes possibles pour vivre ces évènements touchants et amers. Aller place de la République pour communier tous ensemble. Être unis dans la douleur. Se demander s’il faut quitter le pays ou s’il faut finalement rester.

Réaliser la bêtise que cela aurait été de ne pas rentrer dans son nouveau chez soi, à Montréal. Le sol québécois à nouveau foulé, repartir en vadrouille. La rive sud, les amies fraîchement rencontrées et lancer une tradition. Un repas aux éclats de rires, aux idées farfelues et au confort nouvellement trouvé.

Voir que d’autres toulousains ont immigré. Faire des soirées insensées, se retrouver dans un match de hockey féminin sans avoir compris une seule règle. Rigoler fort encore.
Enchaîner avec une venue familiale. Premier week-end de février et majorité ontarienne à la clef. Une merveilleuse journée vécue comme un rêve. Faire acte de témérité en lâchant enfin prise sur l’organisation et en accordant confiance et émotion à la personne derrière tout le stratagème développé. Monter sur des patins n’était pas chose gagnée, et apprécier le moment encore moins. Voir à quel point les amitiés se créent et être reconnaissante envers toute la gang ayant participé à mon bonheur, en espérant concourir aux leurs.
Voir un de ses rêves réalisé grâce à l’une des personnes les plus importantes. Merci papa pour la platine vinyle, merci Camille pour le livre sur la musique. Aller avec eux à l’Igloofest et être ravie d’avoir pu profiter de l’évènement en leur compagnie. Y retourner le week-end d’après différemment accompagnée mais pour une nuit toute aussi appréciée.

Puis organiser et stresser pour arriver à faire plaisir à l’extraordinaire Candice. Partir le 12 février pour Québec et vivre l’impensable. Un accident de voiture. Deux 360 et un tonneau. Comprendre ce que signifie voir sa vie défiler. Se retrouver perdues dans le Québec et passer trois heures dans une station essence. Être toutes deux miraculées à Villeroy.
Fêter les 19 ans de cette beauté à minuit isolées mais unies. Voir que grâce aux vidéos de sa famille elle retrouve le sourire et en être heureuse.
Enfin atterrir à Québec, dormir et se réveiller le lendemain par -30 mais avec l’incroyable volonté de crapahuter. Marcher dans les rues sinueuses et décider de s’en aller voir les chutes de Montmorency. Être émerveillées par les beautés de la nature, finir dans un diner improbable. Offrir un 45 tours, discuter de la valeur de la vie et finir par écrire.

Québec, Chutes de Montmorency - 13 février 2015 - Droits réservés

Québec, Chutes de Montmorency – 13 février 2015 – Droits réservés

« Sonnées dans un état second, dans l’irréel comme si nous n’avions rien vécu. D’un autre côté nous avons vu le meilleur de l’humanité. Les gens sont capables de prendre soin les uns des autres. On nous a proposé de nous ramener quelque part, on nous a offert des chocolats chauds et l’on est revenu nous chercher. Dans de telles conditions, on ne peut que comprendre que la vie a un prix, que l’on y tient et que l’on ne peut pas la subir. On voit également que la bonté existe et que le monde n’est pas qu’obscur. Avoir eu l’impression de faire un caméo dans Tom à la ferme. […] Les évènements de la veille font réaliser où l’on est et la chance que l’on a. Osons, prenons cœur à nos actions, existons avec passion, vivons. […] La vie est magique et faite d’instants atypiques ».
Rentrer le lendemain à Montréal et continuer la surprise. Voir que même ici on a la possibilité d’être entourées. Et décider après l’anniversaire de Camille de partir vivre une nouvelle aventure.

Ottawa début mars, en moins de 24h. Partir à l’aventure avec trois amis à 5h du matin. Visiter le Parlement, retrouver un charme européen aux nombreux châteaux et avoir envie de revenir dans cette ville. Une fois rentrée ressentir le besoin de repartir.

Ottawa - 6 mars 2015 - Droits réservés

Ottawa – 6 mars 2015 – Droits réservés

Fin mars décider de se teindre les cheveux sur un coup de tête, continuer de faire de nouvelles choses chaque semaine. Cultiver l’amour du cinéma dans un ciné-bazar avec les deux belles plantes que sont Camille et Candice. Travailler.

Géométrie urbaine - 3 avril 2015 - Droits réservés

Géométrie urbaine – 3 avril 2015 – Droits réservés

Deux nouveaux anniversaires. Puis se promener dans le vieux port et voir Montréal renaître peu à peu de ses cendres après un long hiver. Essayer les Recettes Pompettes. Entamer une nouvelle semaine, la première d’avril et lui insuffler de nouveau un peu de singularité. Partir sans réfléchir et bien accompagnée faire de l’urbex. Explorer un côté alors encore inconnu de la ville. Manifester dans le même temps en solidarité avec les québécois.e.s. Observer l’injustice et la violence de certains affrontements et se révolter face à ces comportements.

Restes immobiles - 3 avril 2015 - Droits réservés

Restes immobiles – 3 avril 2015 – Droits réservés

Reflets urbains - 3 avril 2015 - Droits réservés

Reflets urbains – 3 avril 2015 – Droits réservés

Pêle-mêle, l’existence fut remplie de nombreuses séances cinématographiques partagées, d’expositions observées avec avidité et de concerts expérimentés avec délice. Warhol a côtoyé le World Press, l’Orientalisme, Jungle, Fritz Kalkbrenner, Joris Delacroix, Whiplash, le Jeu de l’imitation, Mommy ou Snowden par le biais de Citizen Four.

Warhol eu musée des beaux arts - 27 février 2015 - Droits réservés

Warhol eu musée des beaux arts – 27 février 2015 – Droits réservés

Finalement, Montréal c’est surtout vivre et se construire. Trouver de nouvelles passions (la cuisine par exemple) et mettre en place de nouveaux projets. C’est essayer de se trouver et surtout profiter.

Prémices d’une vie à Montréal

Je ne suis plus loin de fêter mes deux premiers mois québécois maintenant. Une vie riche et intense s’offre à moi, plus simple, plus douce. Peut-être parce que c’est Montréal, et sûrement parce qu’en grandissant le recul sur chaque situation a pu être intégré. Les voyages formant la jeunesse sont aussi l’occasion de faire le point sur ceux qui comptent et vont continuer à compter malgré tout, même si on ne les voit plus, car ce qu’ils ont déjà apporté est énorme et suffisant. (Ceux qui veulent un aperçu de la vie ici peuvent sauter les deux paragraphes suivant)

Paul Verlaine, La Revue Blanche, 1897

Paul Verlaine, La Revue Blanche, 1897

En prélude à toutes mes aventures nouvelles, à tout ces changements j’aimerai donc en quelques phrases dire merci. « Merci la vie » (Bertrand Blier), merci mes  « vieux frères » (Fauve ≠), merci de m’avoir faite évoluer comme ça, merci de m’avoir permise d’en être là. « Non, rien de rien, non je ne regrette rien », (Edith Piaf), quand je vois les opportunités qui sont à la portée de ma main. Bonnes ou mauvaises situations ont été vécues, il n’y a plus de place pour les remords. Sans ces étapes je ne foulerai sûrement pas le sol qui est maintenant sous mes pieds. Et oui, dans le fond aujourd’hui « je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu’amour ». Le discours d’Otis se suffit à lui même pour décrire l’état d’esprit ambiant. Pourquoi devrait-on ressasser du négatif, et pourquoi se plaindrait-on quand l’optimisme et le positivisme permettent d’effleurer le bonheur ?
Donc voilà, au final si je prends un peu de temps pour faire couler du pixel c’est pour vous remercier vous qui m’avez accompagnée. Premièrement, je ne peux que dire merci à mes parents, car sans vous, sans ce premier voyage il y a 10 ans au Québec, je n’y aurai sûrement pas posé un orteil aujourd’hui. Merci ma famille en général, qui continue à prendre de mes nouvelles, qui m’envoie des lettres, et à laquelle je pense forcément. Merci les amis, ceux qui ont été capable de me supporter ces dernières années, ceux qui m’ont conseillée, ceux avec qui j’ai pu partager et évoluer. Et puis comme je ne trouve aucun synonyme, merci à ma famille de cœur comprenant mes parrains et marraines (j’en ai plein et franchement c’est génial), mais aussi tous ces visages familiers qui m’ont accompagnée jusque là, et que j’ai toujours pu voir ou contacter régulièrement. Tous vos messages m’ont touchée, comme votre aide. Comme partir n’est pas toujours synonyme d’abandon et de table rase, je ne vous oublie pas, et j’emporte un peu de vous avec moi.
Par exemple sans vous, il est clair que j’aurai eu plus de difficultés à m’organiser (ah les qualités familiales), à avoir un intérieur d’appartement agréable (Big Up mamie), et à cuisiner (merci pour les astuces veggie Marie, pour la découpe de l’ail paps, le chili sin carne maman), forcément j’en passe mais je me suis assez étalée. Ce qu’il faut en retenir c’est que j’arrive ici autonome, pouvant continuer à avoir un mode de vie équilibré. Mais bon, comme « on est pas sérieux, quand on a 17 ans » (Rimbaud), et que c’est pas mieux à 18, la vie ici ne s’axe pas que sur des remerciements francs.

Le Premier mois : l’installation (22 juillet-17 août)

Alors commençons par le commencement. Un étudiant étranger va forcément connaître quelques unes des galères administratives que l’émigration, temporaire comme définitive, implique. Et encore une française qui part au Québec est dans une situation aisée, et est même bien aidée. Donc mis à part la routine de la paperasse, les longues files d’attente, les papiers oubliés, pas récupérés, en retard, aujourd’hui il n’y a plus rien à signaler. Quelques petits conseils tout de même : le Numéro d’Assurance Social (NAS), et la Régie d’Assurance Maladie du Québec (RAMQ) n’ont rien à voir. Ce n’est pas parce qu’il y a social dans NAS qu’il remplace la RAMQ et vice versa (ça ça m’aurait bien aidé de le savoir par exemple). Vérifiez bien toutes, je dis bien toutes, les démarches administratives à suivre au moins un mois à l’avance (la semaine d’avant c’est un peu juste et stressant). Il y a par exemple un papier à récupérer à la sécu en France pour bénéficier de la couverture maladie ici. Vérifiez aussi les papiers que votre université va vous demander et assurez vous d’avoir les originaux !
C’est à peu près à ça que s’est résumé mon premier mois. Ouverture d’un compte, recherche d’un appartement, achat des meubles, et surtout les deux premières semaines seules. Alors franchement quand vous êtes lâchés comme ça, en solitaire dans une ville après un festival (l’article sur Osheaga c’est là), je peux vous assurer que ça fait bizarre. Après avoir été pendant deux semaines H24 avec du monde, j’étais seule. Heureusement que les démarches m’obligeaient à sortir de chez moi, sans quoi j’aurais eu un coup de blues vraiment dur. L’Homme est sûrement « un animal politique » (Aristote), mais c’est surtout un animal social. C’était la première fois que je vivais en solitaire aussi longtemps ! Pas la même que d’avoir la maison de ses parents une semaine et d’inviter du monde. Du coup une idée m’est venue, dire « OUI », et ne plus prendre le refus comme une option. Une très bonne décision.
Grâce à ma charmante cousine présente sur place, je me suis retrouvée à faire un one day road trip super chouette, malgré la pluie, autour de l’île de Montréal.

Vue de Montréal du pont Victoria

Vue de Montréal du pont Victoria

La route pour aller au bout du bout de l'île

La route pour aller au bout du bout de l’île

Les maisons de La Salle il me semble

Les maisons de La Salle il me semble

Je me suis aussi retrouvée au Fast, pour faire un festival à 45 minutes de Montréal (merci Marie-Laure).
Au final, j’ai eu l’occasion de faire des choses qui ne me seraient pas venues à l’esprit. À côté de ça, le street art a aussi occupé un peu de mon temps. Non je ne me suis pas exercée sur les murs de mon appartement. À Montréal beaucoup de murs sont habillés de gigantesques fresques, dont une de Kashink sur le boulevard St Laurent. Ça donne envie d’être là pendant le MURAL. Mais le temps a quand même été un peu long.

Le deuxième mois : l’arrivée de la colloc et donc accélération du mode de vie (17 août-22 septembre)

La colloc n’est pas un individu lambda et inconnu. Non la colloc est une des meilleures amies du lycée, avec laquelle on s’est concocté pas mal de plans, qu’on imaginait être sur une comète, et finalement après un an de spéculation, pas du tout. Les débuts ont été très Ikea (oui en bus ça se fait, ça se réussit, d’ailleurs bon plan Krisprolls et chocolat). Ça a aussi été l’occasion de mieux connaître sa famille, de monter sur le Mont Royal, et de faire un tour du côté de Beaconsfield, comme celui d’attraper un mal de gorge dont je me remets toujours difficilement. Encore une fois la parenthèse « merci pour ce moment » (argh je me meurs, je l’ai faite), je dois dire que grâce à sa mère et à son beau père notre appartement est nettement plus agréable.

Quand on monte sur le Mont Royal

Quand on monte sur le Mont Royal

La dernière semaine d’août a elle été synonyme de renouveau, de renaissance. Les petites filles, ok j’exagère, mais les post-adolescentes que nous étions ont laissé la place à nos nous du moment. Ça a donc été, et on est toujours en plein dedans, le temps des rencontres. Que ce soit celle de personnes, comme celle d’une plus grande liberté. C’est aussi le temps d’une entrevue avec nos responsabilités, moins le fun. Et oui, il ne faut pas se laisser avoir, la vie dans tout pays coûte cher, et le petit boulot est indispensable. Surtout quand on se fait rattraper par les dangers de la vie nocturne montréalaise. Par là j’entends le fait qu’il y a tout  le temps quelque chose de prévu, et la tentation est grande de dire oui à tout ! Et surtout, l’été touchant à sa fin, le « winter is coming » pousse à profiter de toutes sorties.
Parmi elles, nous sommes allées aux Piknic Electronik. Festival indispensable de Montréal, à l’ambiance heureuse et détendue, à la musique alléchante et dansante (même si sur le coup Jamie XX m’a beaucoup déçue), et à la vue imprenable. L’île Sainte-Hélène nous offre un face à face émerveillant avec les lumières des buildings, et le Saint Laurent.

Dans la même soirée se fut aussi Arcade Fire. Alors là, si vous avez l’occasion de les voir, dans leur ville ou pas, achetez vous des baskets et courrez-y. De My Body Is A Cage, à Rebellion en passant par Joan Of Arc, l’essentiel et l’essence même de la formation étaient représentés. Une arrivée en beauté sur le titre adulé Reflektor, une bonne humeur sur scène et sur terre, qu’attendre de plus d’une belle nuit d’été ?

La veille, c’était les 20 ans de Pulp Fiction que l’on était venu fêter place des Arts ! Quoi de mieux qu’une séance de cinéma en plein air pour apprécier et se remémorer un film culte ?

Entre temps la rentrée est passée par là, les relations se tissent, les cours s’apprivoisent, et la vie ne suit aucune routine. Chaque jour est une surprise, et j’ai bien l’impression que ce n’est que le début !

Il est clair que si New York est la ville qui ne dort jamais, Montréal en est une version plus restreinte mais moins stressante et tout aussi vivante.

Un air du Canada

Papa, Maman, famille, amis et les autres, si vous lisez ces lignes c’est que j’ai été admise à l’UQAM ! Je m’en vais donc pour au moins un an voire trois, et sûrement plus, on verra …

Prête à partir dans les prochains mois, je trouve tout à fait d’actualité de consacrer un petit article à deux artistes qui font Montréal, du moins qui plaisent à mon ouïe et qui me poussent à suivre ce flot venu de loin !

L’Ontario d’abord, mais maintenant le Québec cache dans les tréfonds de son hiver une musique pure et polaire, une voix minérale venue des tripes, du bouillonnement sous l’opercule du Saint-Laurent. Black Atlass tel est le surnom du garçon de 19 ans. Jeune, nourri d’influences, Alex Fleming redynamise les genres comme le r n’b. Il suit sur Blossom l’esthétique d’AlunaGeorge tissant l’espoir d’une nouvelle scène moderne.
Son premier EP, Young Blood, sorti le 18 février dernier, livre un contenu dense, voguant sur un même esprit, suivant un même fil. Loin de se perdre dans un labyrinthe de styles, le disque suit tout de même un chemin sinueux. Il passe de la grâce volubile de Paris, nous faisant flotter au dessus du panorama majestueux de la capitale française, à la profonde puissance de Castles. The Rose, Jewels ou Blossom dégagent une sensualité attrayante. En featuring avec XXX, XXX l’univers se décale un peu et prend de la hauteur, s’accrochant à une espèce de hip-hop hybride. Young Bloods est encore en-dehors, linéaire, répétitif et excitant, à mon plus grand étonnement.
Terriblement sexy et innovant, en France, au Canada ou autre part, découvrir Black Atlass ne doit pas attendre le dégel.

FacebookSoundcloudSite Officiel 

Après un Montréal envoûté par l’air glacial et la neige, c’est un Montréal aux lumières rasantes qui se profile. Un Montréal estival, ouvrant ses portes à un temps clément, un Montréal éloigné des clichés que l’on nous débite à longueur de journée. Montréal, son charme presque européen, mû sous une attitude quasi-américaine, Montréal unique. Montréal comme un grand Williamsburg, où une explosion culturelle est à l’œuvre. Un Montréal fantasmé, qui cache sous un dynamisme apparent un mal être récurrent.
Peter Peter, nom aux résonances enfantines, une sorte de Peter Pan en écho, tend sous sa voix juste éclose une pop douce-amer. Derrière des mélodies scintillantes, sourire de façade, se trouvent des paroles, des mots balancés à la noirceur affichée. La mélancolie est là, aux portes du bonheur. Loin d’être déprimé, on se laisse porter. La nostalgie est présente, mais on tente de ne pas se laisser totalement tomber dans la dérive du regret. Ainsi, indirectement, Peter Peter nous pousse à écouter la directive pascalienne : « Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens; le seul avenir est notre fin. Ainsi, nous ne vivons jamais, mais nous espérons vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. » Le présent se doit d’être vécu, et on doit lutter pour, on ne doit pas le laisser de côté. C’est à quoi on se raccroche quand on écoute son lent chuchotement sur Une Version Améliorée de la Tristesse : « Moi et mes amis travaillons forts à noyer la douleur et l’ennui, nous forgeons au sein de nos ivresses, une version améliorée de la tristesse. » Ne pas se perdre, trouver une trouée dans tout ce brouillard.
Tergiverse n’est pas mieux : « Quel âge aurais-tu si le monde venait à s’écrouler« . L’artiste nous montre une face absurde de nos vies, on se perd, on plonge dans « le néant » comme on l’entend sur Réverbère et pourtant, le contraire opère. Transporté, l’idée est plutôt de trouver un sens à tout ça, de ne pas se laisser avaler.
Beauté crépusculaire, Peter Peter nous plonge dans un spleen universel, dans une débauche omniprésente, sans nous donner une clef au bonheur, sans faire apparaître l’espoir. Et par psychologie inversée, l’amertume nous mène à la sortie de l’obscurité, à l’aube, à la tolérance.

 

FacebookSite Officiel

Printemps 2014 : découvertes #4

Prise par d’autres projets, vouée aux contraintes lycéennes sous le signe d’APB, de concours et de dossiers, ce blog n’a plus le temps de tourner. Pourtant, si l’envie m’en prend, l’organisation est possible. Aujourd’hui je vous propose donc un petit tour musical pouvant accompagner beaux et mauvais jours, à vous de voir !

1. Noir Cœur

Résolument indépendants, frais, et d’une noirceur mystique, la place du duo toulousain est depuis longtemps dans mes oreilles. Entre percussions exotiques à tendances tribales, et voix mystérieuses aux susurrements sectaires et entraînants, Noir Cœur est de saison. Un EP à leur actif Jahnimal EP sorti en 2012 reste tout aussi efficace deux ans plus tard. Mélodies planantes et déconnectées donnent à Soleil et Endless Blumer un petit côté à la Crystal Fighters. Ils n’en restent pas moins indispensables pour mener à bien un Carpe Diem qui sera plus d’actualité d’ici 3 mois. Si le Souverain Bien est pour les hédonistes le plaisir, chez eux ce serait plutôt la musique, qui canalise les désirs par la création artistique. De quoi patienter, avant de pouvoir poursuivre sa propre philosophie cet été, débarrassé des contraintes d’une année à travailler.
À noter : les deux garçons loin de se cantonner à leurs propres créations réussissent très bien dans l’exercice du remix, comme le prouve Entertainment de Phoenix.

FacebookTwitterYouTube Site Officiel


2. Symbiz Sound

Envie de remuer, de danser, de vous déhancher ? Moins mainstream que les sonorités latines qui écorchent nos oreilles chaque été, Symbiz est pour vous ! Entre légère dubstep, dub tout court, hip-hop qui tabasse et sonorités métissées, voilà un collectif prêt à rivaliser avec Diplo et son Major Lazer. Les compositions alliant des featurings venant de divers horizons, ne se ressemblent pas mais sont animées par un objectif commun : créer le besoin de se laisser aller ! Les références multiples penchant parfois du côté d’un Down On Life à la Elliphant ou d’un reggae parfaitement assumé, procurent une joie toujours renouvelée.
En ce début de printemps, Soundboy Dead, Taking Over, ou All Alone (feat. Teacha Dee) sont particulièrement efficaces, tous trois empreints d’une douce puissance.
Composé de deux frères musiciens (Buddysym et ChrisImbiss) et de Zhi MC (connu par les Puppetmastaz), le trio allemand sait comment redonner le sourire ! Que ce soit en live ou en écoute classique, si vous êtes à la recherche de bonne humeur, vous trouverez en Symbiz votre meilleur atout.
À noter : Encore une fois, derrière les compositions originales se cachent parfois des perles. Vu au Garosnow à Peyragudes, Symbiz a rendu hommage à Fatboy Slim à sa manière, en livrant un superbe remix de Praise You.

Facebook TwitterYouTubeSoundcloudSite Officiel


3. Dream Koala

En faisant le tour des programmations de festivals, on déniche souvent de nouveaux venus prometteurs. C’est grâce à Osheaga qu’un jeune homme (19 ans), français et vadrouilleur, a fait un détour sur mon ordinateur. Une candeur mélodieuse anime des compositions voluptueuses. Et voilà que de morceaux en morceaux Dream Koala se révèle. Apaisantes Ocean ou Odissey prennent la forme d’un bruissement caressant, coulant en flot dans l’espace vide. On se laisse alors transporter comme dans un songe au fil des créations, profitant avec délice de chacune d’elles, reposantes et revitalisantes.
À noter : Une voix angélique, presque un murmure, sur la très belle reprise d’Iron de Woodkid.

Facebook Twitter YouTube Soundcloud 

Menuet d’un jour d’été

Chaleur, et bel été indien qui se profile, malgré la rentrée qui approche à pas de loup, laissent la playlist ensoleillée d’actualité.

Qu’est-ce qu’il reste pour ces derniers jours de paix ?

Deux groupes Montréalais déjà !

D’une part Half Moon Run, et son indie-rock tirant sur la folk. Entêtant et reposant, Full Circle, leur titre phare, ne manque pas d’égayer un moment de repos. Mais ce n’est pas la seule chanson qui nous emporte au grès du vent sur Dark Eyes, leur 1er album sorti en 2012. Le quatuor sait prendre en douceur, cueillir par inadvertance le curieux venu découvrir leurs sonorités, et le garder éveillé. Si vous aussi vous voulez profiter de leur fraîche délicatesse, c’est par ici : http://www.halfmoonrun.com/ ou https://www.facebook.com/halfmoonrun?fref=ts
À écouter : Call me in the Afternoon ou Full Circle

L.Teez, jeune québécois de 17 ans nourri au hip hop, rend un rap plein de potentiel, mais encore en état de construction. La signature originale se devine, ça se sent qu’un jour il pourra devenir grand. L’avantage de ses sons, c’est qu’ils sont compréhensibles, le sens apparait dès les premières écoutes. Quoi de mieux pour nos tympans habitués aux français que de s’accommoder d’anglais avec de la bonne musique. À découvrir d’urgence, ici :
http://www.hotnewhiphop.com/l-teez-change-mixtape.90559.html ou https://www.facebook.com/pages/LTeez/424003734351107?fref=ts
À écouter : Fly feat Azrael

Il y a aussi un anglais. Bonobo, comme le singe oui, oui. De son vrai nom, Simon Green, DJ et producteur, Bonobo n’est pas nouveau sur le marché de la musique, puisque ses débuts ont eu lieu avant le XXIème siècle, mais qu’importe. Son dernier disque en date, The North Borders, est sorti cette année. Alors on peut bien parler de lui. Il embaume l’été d’un son relaxant, apaisant et planant. Son crédo ? Le downtempo !  What else ?
https://www.facebook.com/bonoboofficial?fref=ts ou http://bonobomusic.com/
À écouter : Cirrus, Kiara ou Emkay

Pour que rien ne manque à la sélection, n’oublions pas Petit Fantôme. Un français échappé en solitaire de François and The Atlas Mountain et de Crane Angels, qui délivre une mixtape incroyable, spectrale, dont l’esprit musical flotte en permanence au-dessus de la tête de l’auditeur séduit. Les airs invisibles, se faufilent nuit et jour dans nos âmes et les imprègnent d’un vent pop léger, où volettent des paroles poétiques à tendance mélancolique. Addictif.
http://www.petitfantome.com/ ou https://www.facebook.com/pages/petit-fant%C3%B4me/42903563052?fref=ts
À écouter : Peio-(pello-mikel Lisboa) ou Le passage (dichroïsme)

Youth Lagoon

Youth+Lagoon++PNG
Trevor Powers
 a 24 ans et a réalisé deux albums parus en 2011 et 2013 sous le patronyme Youth Lagoon : The Year of Hibernation et Wondrous Bughouse.
Ce ne sont pas de simples galets jetés dans la marre de la dream pop entrelacée de rock psychédélique qui se coulent sans laisser de rides, ils font au contraire quelques ricochets qui se répercutent dans nos oreilles et nous éclaboussent d’une musique aérienne. The Year of Hibernation se révèle être une entrée en matière digne, un premier album achevé retransmettant le malêtre et l’anxiété assaillant le jeune homme. Le magnifique 17, est un résumé de ce que l’artiste à pu faire sur ce disque, décélération et accélération du rythme sur une mélodie évaporée, folk aux sonorités électroniques avec quelques gouttes de pop et de psychédélisme, et tout cela pour une ode à ses 17 ans. N’épiloguons pas sur les premiers essais de l’américain, torturé par ses angoisses adolescentes, mais attardons-nous plutôt sur le deuxième. Moins disséminé, plus élimé, Trevor Powers modèle et précise son imaginaire. Entre un monde aérien et aquatique, on suit un chemin escarpé dans les idées de l’interprète. Une continuité et un enchaînement logique régit cet étang de sonorités merveilleuses ! Chaque airs suivent le même courant, et pourtant ils ont des souffles biens différents. De long filets s’émanent de ce paysage bucolique et transcendant, qui prend toute sa dimension au bout de quelques écoutes. Mute suit avec volupté Through Mind and Back, introduction réussie à un album si hanté. Pelican Man est d’une


complétude troublante, une montée en douceur qui ne laisse pas attendre le changement soudain, pour redescendre avec la même finesse. Dropla et Raspberry Cane sont les deux morceaux qui se dégagent à la première écoute, mais tous ont une esthétique bien à eux, qui revient à dissocier un ruisseau et une cascade de notes associées, entre rythmes lents et rapides. Attic Doctor bouleverse, The Bath retranscrit à merveille le sentiment qui s’exhale des productions de l’américain. Dès la première seconde, une ouïe avisée reconnaitra en Raspberry Cane, le pur morceau planant, qui laisse en suspension dans un univers irréel et dématérialisé, perchant le monde connu vers des sphères plus grandes et enivrantes. Un morceau fini nous laisse dans de nouvelles divagations sur de nouveaux flots et des étendus immenses où tout est rendu possible ! Comme le calme après une vague plus haute que les autres, Daisyphobia vient clore en toute simplicité une œuvre sensorielle qui laisse attendre une suite encore plus aboutie. Peu importe le temps que prendra l’écriture d’un troisième opus, Trevor Powers a déjà réalisé deux objets dans lesquels on ne se lassera pas de baigner nos tympans.

Plus d’info
Youth Lagoon – Wondrous Bughouse
Fat Possum – Pias
Téléchargement sur iTunes

Printemps 2013 – take some music

Le printemps se fait attendre ? Heureusement côté musique, le gazouillis d’une multitude d’instruments se fait entendre.

DSCF0498
Un nouvel opus de Youth Lagoon, Wondrous Bughouse fait poindre le soleil à l’horizon de la mélancolie. Partagé entre éternel spleen et beauté idéale, il livre un album tout en finesse. Une intro pleine d’espoir suivit d’une contruction logique et efficace, nous amène à suivre le parcours libérateur de l’artiste. Dès la première écoute, Raspberry Cane s’impose comme l’égérie de l’album. En 6 minutes et des poussières, tout le style de Trevor Powers est exposé. Une envie de grands espaces, de nostalgie positive, de vie sans concession et de pleurer, voilà ce qu’inspirent ces sonorités, qui s’apprêtent à marquer mon année.


http://www.facebook.com/youthlagoon?fref=ts ou https://twitter.com/youthlagoon

Dans un autre style, tout aussi agréable, Rone se démarque par sa légèreté transcendante que l’on retrouve avec délice sur Tohu Bohu. Erwan Castex se révèle être le créateur d’une musique chatoyante, valorisée par son côté sombre, décelant par la même occasion, un entrelacement sophistiqué dans ses compositions. Grande Ourse ou Parade sont des productions électroniques d’une pureté rare, d’une douceur épatante qui provoque chez l’auditeur étonné une soudaine envie de voyager.


http://www.facebook.com/roneofficial

The Popopopops, pourrait être décrit comme la touche estivale qui manquait. C’est le groupe pop français printanier, au même titre que The Shoes en featuring avec les Bewitched Hands l’an dernier. Refrains enivrants aux senteurs fleuries, voilà ce que nous réservent les rennais. Swell, leur dernier album, s’ouvre sur My Mind Is Old, morceau difficile à oublier, qui sera là quelque temps encore, pour égayer les grises matinées.


http://www.thepopopopops.com/ et http://www.facebook.com/thepopsband?fref=ts

Pegase, donne des ailes. Voilà le mauvais jeu de mot qui trottait dans ma tête, pour parler de cet intriguant artiste. En même temps, que dire d’autre ? C’est hors du temps qu’il nous porte avec Without Reasons. Hors d’atteinte même ! Il nous pose dans un monde à part, plus proche de la Lune que de la Terre.


http://www.facebook.com/pegase.fb?fref=ts

En 2013, c’est un goût pour la liberté, pour la volupté, ou pour le calme d’un après midi posé, passé à réviser ou à révasser, que s’orientent mes choix musicaux. A l’aube des festivals d’été, c’est peut être aussi ce qui vous plaît.

découvertes spécial été (ou pas) #3

Cocoricoooooooo

ça y est il faut se réveiller d’une longue léthargie ! Non il ne faut pas se fier aux apparences ce blog marche encore !

Épisode 3 : Les groupes français :

Pour ce 3ème et dernier épisode de la saga, nous allons faire un petit tour en France, voir les groupes prêts à rythmer cette fin d’été (et non, l’été ne s’arrête pas après les vacances !).

Je ne peux pas m’empêcher d’associer le début de la saison estivale au paysage électronique français. Dès le 8 juin, premier jour de repos, j’ai été immergée par ces sonorités. C’est donc tout naturellement que je commencerai par le duo électro/dubstep, qui fut pour moi, LA découverte de l’été, j’ai nommé Christine. Mais bon, je ne vais pas épiloguer non plus, plusieurs lignes leur ont déjà été consacré, comme ce fut le cas de Breton. Je dirai tout simplement, un duo exquis, capable d’accaparer tout un corps, à force de platines, de bon son et d’images fortes et à l’esthétique redoutable. À écouter encore et encore : Fucking Youth  http://www.facebook.com/sheischristine

Tha Trickaz, Tha New Team et Dirtyphonics me tiennent eux aussi à cœur. Pourquoi les présenter dans un seul et même paragraphe ? Pour la simple et bonne raison que Phô et iRaize, les deux djs principaux de Tha Trickaz sont chacun présents dans un des deux groupes suivants. Ainsi iRaize tourne dans Tha New Team au côté de Senbeï, producteur au sein de Banzaï lab, et de Youthstar. Phô est quand à lui membre de Dirtyphonics, en compagnie de Thomas, Pitchin et Charly.
Après cette présentation théorique place à l’essentiel pour nos oreilles, les trois groupes allient l’électro/dubstep à d’autres sonorités. Tha Trickaz et Tha New Team, vont vers le hip hop et utilisent des sonorités asiatiques dans leurs tracks. Dirtyphonics va plus chercher du côté de la drum n’ bass. Bref quoi qu’il en soit pour les amateurs d’électro ce sont trois groupes à découvrir d’urgence. À écouter, le remix du morceau Miss Chang de Chinese man par Tha Trickaz, Ghouls de Tha New Team, Tarantino et City Kids de Dirtyphonics. http://www.facebook.com/ThaTrickaz / http://www.facebook.com/ThaNewTeam / http://www.facebook.com/dirtyphonics

Dans un style totalement différent voici We were Evergreen, trio parisien , découvert aux francofolies de La Rochelle lorsqu’ils ont été nommé coup de cœur du chantier des francos. Titre bien mérité pour leur prestation pêchue et joviale, qui fut parfaite après les intempéries qui avaient eu lieux les jours précédents. Aujourd’hui leurs morceaux d’une pop exotique remettent un peu de bonne humeur en cette période de rentrée. LE morceau : Baby Blue. http://www.facebook.com/wewereevergreen

Passons à la nouvelle vague avec Carbon Airways, duo franc-comtois, composé d’un frère et d’une sœur encore adolescents et déjà expérimentés qui produisent un électro/rock à la limite du punk. Un coup de mou, besoin d’être boosté ? La solution, simple et efficace, écouter une bonnes doses de leurs pistes, et vous voilà requinqués pour le reste de la journée, ayant eu droit à une bouffée d’oxygène pur. En tout cas c’est le jeune groupe français à suivre, et qui ne demande qu’à exposer sa musique aux tympans prêts à la recevoir, alors courrez mettre la musique à fond pour écouter Razor Edge, Oxydiser, ou encore Kiss of lifehttp://www.facebook.com/carbonairways

Découvertes spécial été #2

épisode 2: UK

Après avoir fait un détour dans le Nord de l’Europe, déplaçons nous un peu à l’ouest dans la nation de sa majesté la reine Élisabeth II, le berceau de beaucoup de genres musicaux, j’ai nommé le Royaume-Uni.

Parmi tout les groupes émergents de la scène british, j’en ai retenu 5. Je vais éviter de vous rabâcher encore une fois mon amour pour Breton (je leur ai déjà consacré un article auparavant, et les ai évoqué lors de deux autres articles), pour me concentrer sur les autres très bonnes formations qui peuplent le pays.

Le plus sinueux, mélancolique, est sans hésitation Alt-J (∆). Leur nom étonnant est ainsi tiré du raccourci clavier qui permet d’obtenir ∆. Difficile à cataloguer, Alt-J ne suit aucune tendance, et s’inscrit dans une pop aux influences très libres. Le timbre de voix du chanteur, Joe Newman, donne encore plus de charme à leurs compositions, et permet de les reconnaitre instantanément. Mon morceau préféré est le modérément dérangeant Breezeblocks, à découvrir sans attendre. http://www.facebook.com/altJ.band


Pour une pop plus enjouée, il vaut mieux se tourner vers Citizens!. Alex Kapranos de Franz Ferdinand, producteur du groupe, a bien fait de miser sur ces citoyens anglais, qui vont donner des crampes à plus d’une personne. Une seule chanson suffit à cerner la musique du groupe qui ce veut efficace, simple en apparence car pointue. Leur premier album Here we are est sorti cette année et vaut le détour. Les deux titres phares et incontournable sont Reptile et True Romance, avec ça dans sa playlist n’importe quel instant peut se transformer en une petite tranche de bonheur. http://www.facebook.com/gocitizens

Récemment découvert les Crystal Fighters m’ont mis une petite claque. Tellement d’influences imprègnent leur musique qu’il est pratiquement impossible de ne pas trouver un morceau qui puisse coller à notre sensibilité. Tout leur album (Star of Love) s’écoute d’une traite. Ici l’électro puissant se mêle à une folk calme et instruments traditionnels basques (le txalapartas et le txistus) côtoient une machinerie moderne. Les Crystal Fighters sont donc bons pour les nostalgiques conservateurs en quête de nouveauté. Si vous n’avez pas le courage d’écouter tout l’album voici deux titres qui sont en parfaite harmonie avec la saison et l’actualité : PlageI love London. http://www.facebook.com/crystalfighters

À force de décortiquer la programmation de festivals britanniques, on peut dénicher des groupes tout frais mais résolument rétro comme Summer Camp. Entre la voix faisant écho aux sixties, portée par une pop eighties, le duo nous refait vivre les étés d’un 20ème siècle, modernisé par les beats électro. Ces influences les suivent jusque dans leurs clips qui retranscrivent la culture américaine de ces deux décennies. Le meilleur titre de toute la discographie est indéniablement Better of without you et peut être leur clin d’œil à nous, cousin d’outre manche (pour eux) avec l’interprétation de leur titre always … in french. http://www.facebook.com/summercampmusic

Le quintette anglo-saxon, Dog is Dead, sévit depuis 2008 dans un style musical qui n’est pas sans rappeler l’afro-rock du groupe outre Atlantique Vampire Weekend, a qui il n’a rien a envier. Leur pop/rock apporte du soleil aux après midi maussades de l’été, redonne un coup de fouet et permet de reprendre la bonne résolution estivale quand on l’a un peu oublié, profiter ! À écouter absolument : l’EP Your Childhood, et en particulier les titres Young et Glockenspiel Song. http://www.facebook.com/dogisdead

À suivre …