Prémices d’une vie à Montréal

Je ne suis plus loin de fêter mes deux premiers mois québécois maintenant. Une vie riche et intense s’offre à moi, plus simple, plus douce. Peut-être parce que c’est Montréal, et sûrement parce qu’en grandissant le recul sur chaque situation a pu être intégré. Les voyages formant la jeunesse sont aussi l’occasion de faire le point sur ceux qui comptent et vont continuer à compter malgré tout, même si on ne les voit plus, car ce qu’ils ont déjà apporté est énorme et suffisant. (Ceux qui veulent un aperçu de la vie ici peuvent sauter les deux paragraphes suivant)

Paul Verlaine, La Revue Blanche, 1897

Paul Verlaine, La Revue Blanche, 1897

En prélude à toutes mes aventures nouvelles, à tout ces changements j’aimerai donc en quelques phrases dire merci. « Merci la vie » (Bertrand Blier), merci mes  « vieux frères » (Fauve ≠), merci de m’avoir faite évoluer comme ça, merci de m’avoir permise d’en être là. « Non, rien de rien, non je ne regrette rien », (Edith Piaf), quand je vois les opportunités qui sont à la portée de ma main. Bonnes ou mauvaises situations ont été vécues, il n’y a plus de place pour les remords. Sans ces étapes je ne foulerai sûrement pas le sol qui est maintenant sous mes pieds. Et oui, dans le fond aujourd’hui « je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu’amour ». Le discours d’Otis se suffit à lui même pour décrire l’état d’esprit ambiant. Pourquoi devrait-on ressasser du négatif, et pourquoi se plaindrait-on quand l’optimisme et le positivisme permettent d’effleurer le bonheur ?
Donc voilà, au final si je prends un peu de temps pour faire couler du pixel c’est pour vous remercier vous qui m’avez accompagnée. Premièrement, je ne peux que dire merci à mes parents, car sans vous, sans ce premier voyage il y a 10 ans au Québec, je n’y aurai sûrement pas posé un orteil aujourd’hui. Merci ma famille en général, qui continue à prendre de mes nouvelles, qui m’envoie des lettres, et à laquelle je pense forcément. Merci les amis, ceux qui ont été capable de me supporter ces dernières années, ceux qui m’ont conseillée, ceux avec qui j’ai pu partager et évoluer. Et puis comme je ne trouve aucun synonyme, merci à ma famille de cœur comprenant mes parrains et marraines (j’en ai plein et franchement c’est génial), mais aussi tous ces visages familiers qui m’ont accompagnée jusque là, et que j’ai toujours pu voir ou contacter régulièrement. Tous vos messages m’ont touchée, comme votre aide. Comme partir n’est pas toujours synonyme d’abandon et de table rase, je ne vous oublie pas, et j’emporte un peu de vous avec moi.
Par exemple sans vous, il est clair que j’aurai eu plus de difficultés à m’organiser (ah les qualités familiales), à avoir un intérieur d’appartement agréable (Big Up mamie), et à cuisiner (merci pour les astuces veggie Marie, pour la découpe de l’ail paps, le chili sin carne maman), forcément j’en passe mais je me suis assez étalée. Ce qu’il faut en retenir c’est que j’arrive ici autonome, pouvant continuer à avoir un mode de vie équilibré. Mais bon, comme « on est pas sérieux, quand on a 17 ans » (Rimbaud), et que c’est pas mieux à 18, la vie ici ne s’axe pas que sur des remerciements francs.

Le Premier mois : l’installation (22 juillet-17 août)

Alors commençons par le commencement. Un étudiant étranger va forcément connaître quelques unes des galères administratives que l’émigration, temporaire comme définitive, implique. Et encore une française qui part au Québec est dans une situation aisée, et est même bien aidée. Donc mis à part la routine de la paperasse, les longues files d’attente, les papiers oubliés, pas récupérés, en retard, aujourd’hui il n’y a plus rien à signaler. Quelques petits conseils tout de même : le Numéro d’Assurance Social (NAS), et la Régie d’Assurance Maladie du Québec (RAMQ) n’ont rien à voir. Ce n’est pas parce qu’il y a social dans NAS qu’il remplace la RAMQ et vice versa (ça ça m’aurait bien aidé de le savoir par exemple). Vérifiez bien toutes, je dis bien toutes, les démarches administratives à suivre au moins un mois à l’avance (la semaine d’avant c’est un peu juste et stressant). Il y a par exemple un papier à récupérer à la sécu en France pour bénéficier de la couverture maladie ici. Vérifiez aussi les papiers que votre université va vous demander et assurez vous d’avoir les originaux !
C’est à peu près à ça que s’est résumé mon premier mois. Ouverture d’un compte, recherche d’un appartement, achat des meubles, et surtout les deux premières semaines seules. Alors franchement quand vous êtes lâchés comme ça, en solitaire dans une ville après un festival (l’article sur Osheaga c’est là), je peux vous assurer que ça fait bizarre. Après avoir été pendant deux semaines H24 avec du monde, j’étais seule. Heureusement que les démarches m’obligeaient à sortir de chez moi, sans quoi j’aurais eu un coup de blues vraiment dur. L’Homme est sûrement « un animal politique » (Aristote), mais c’est surtout un animal social. C’était la première fois que je vivais en solitaire aussi longtemps ! Pas la même que d’avoir la maison de ses parents une semaine et d’inviter du monde. Du coup une idée m’est venue, dire « OUI », et ne plus prendre le refus comme une option. Une très bonne décision.
Grâce à ma charmante cousine présente sur place, je me suis retrouvée à faire un one day road trip super chouette, malgré la pluie, autour de l’île de Montréal.

Vue de Montréal du pont Victoria

Vue de Montréal du pont Victoria

La route pour aller au bout du bout de l'île

La route pour aller au bout du bout de l’île

Les maisons de La Salle il me semble

Les maisons de La Salle il me semble

Je me suis aussi retrouvée au Fast, pour faire un festival à 45 minutes de Montréal (merci Marie-Laure).
Au final, j’ai eu l’occasion de faire des choses qui ne me seraient pas venues à l’esprit. À côté de ça, le street art a aussi occupé un peu de mon temps. Non je ne me suis pas exercée sur les murs de mon appartement. À Montréal beaucoup de murs sont habillés de gigantesques fresques, dont une de Kashink sur le boulevard St Laurent. Ça donne envie d’être là pendant le MURAL. Mais le temps a quand même été un peu long.

Le deuxième mois : l’arrivée de la colloc et donc accélération du mode de vie (17 août-22 septembre)

La colloc n’est pas un individu lambda et inconnu. Non la colloc est une des meilleures amies du lycée, avec laquelle on s’est concocté pas mal de plans, qu’on imaginait être sur une comète, et finalement après un an de spéculation, pas du tout. Les débuts ont été très Ikea (oui en bus ça se fait, ça se réussit, d’ailleurs bon plan Krisprolls et chocolat). Ça a aussi été l’occasion de mieux connaître sa famille, de monter sur le Mont Royal, et de faire un tour du côté de Beaconsfield, comme celui d’attraper un mal de gorge dont je me remets toujours difficilement. Encore une fois la parenthèse « merci pour ce moment » (argh je me meurs, je l’ai faite), je dois dire que grâce à sa mère et à son beau père notre appartement est nettement plus agréable.

Quand on monte sur le Mont Royal

Quand on monte sur le Mont Royal

La dernière semaine d’août a elle été synonyme de renouveau, de renaissance. Les petites filles, ok j’exagère, mais les post-adolescentes que nous étions ont laissé la place à nos nous du moment. Ça a donc été, et on est toujours en plein dedans, le temps des rencontres. Que ce soit celle de personnes, comme celle d’une plus grande liberté. C’est aussi le temps d’une entrevue avec nos responsabilités, moins le fun. Et oui, il ne faut pas se laisser avoir, la vie dans tout pays coûte cher, et le petit boulot est indispensable. Surtout quand on se fait rattraper par les dangers de la vie nocturne montréalaise. Par là j’entends le fait qu’il y a tout  le temps quelque chose de prévu, et la tentation est grande de dire oui à tout ! Et surtout, l’été touchant à sa fin, le « winter is coming » pousse à profiter de toutes sorties.
Parmi elles, nous sommes allées aux Piknic Electronik. Festival indispensable de Montréal, à l’ambiance heureuse et détendue, à la musique alléchante et dansante (même si sur le coup Jamie XX m’a beaucoup déçue), et à la vue imprenable. L’île Sainte-Hélène nous offre un face à face émerveillant avec les lumières des buildings, et le Saint Laurent.

Dans la même soirée se fut aussi Arcade Fire. Alors là, si vous avez l’occasion de les voir, dans leur ville ou pas, achetez vous des baskets et courrez-y. De My Body Is A Cage, à Rebellion en passant par Joan Of Arc, l’essentiel et l’essence même de la formation étaient représentés. Une arrivée en beauté sur le titre adulé Reflektor, une bonne humeur sur scène et sur terre, qu’attendre de plus d’une belle nuit d’été ?

La veille, c’était les 20 ans de Pulp Fiction que l’on était venu fêter place des Arts ! Quoi de mieux qu’une séance de cinéma en plein air pour apprécier et se remémorer un film culte ?

Entre temps la rentrée est passée par là, les relations se tissent, les cours s’apprivoisent, et la vie ne suit aucune routine. Chaque jour est une surprise, et j’ai bien l’impression que ce n’est que le début !

Il est clair que si New York est la ville qui ne dort jamais, Montréal en est une version plus restreinte mais moins stressante et tout aussi vivante.

2 réflexions sur “Prémices d’une vie à Montréal

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