Un air du Canada

Papa, Maman, famille, amis et les autres, si vous lisez ces lignes c’est que j’ai été admise à l’UQAM ! Je m’en vais donc pour au moins un an voire trois, et sûrement plus, on verra …

Prête à partir dans les prochains mois, je trouve tout à fait d’actualité de consacrer un petit article à deux artistes qui font Montréal, du moins qui plaisent à mon ouïe et qui me poussent à suivre ce flot venu de loin !

L’Ontario d’abord, mais maintenant le Québec cache dans les tréfonds de son hiver une musique pure et polaire, une voix minérale venue des tripes, du bouillonnement sous l’opercule du Saint-Laurent. Black Atlass tel est le surnom du garçon de 19 ans. Jeune, nourri d’influences, Alex Fleming redynamise les genres comme le r n’b. Il suit sur Blossom l’esthétique d’AlunaGeorge tissant l’espoir d’une nouvelle scène moderne.
Son premier EP, Young Blood, sorti le 18 février dernier, livre un contenu dense, voguant sur un même esprit, suivant un même fil. Loin de se perdre dans un labyrinthe de styles, le disque suit tout de même un chemin sinueux. Il passe de la grâce volubile de Paris, nous faisant flotter au dessus du panorama majestueux de la capitale française, à la profonde puissance de Castles. The Rose, Jewels ou Blossom dégagent une sensualité attrayante. En featuring avec XXX, XXX l’univers se décale un peu et prend de la hauteur, s’accrochant à une espèce de hip-hop hybride. Young Bloods est encore en-dehors, linéaire, répétitif et excitant, à mon plus grand étonnement.
Terriblement sexy et innovant, en France, au Canada ou autre part, découvrir Black Atlass ne doit pas attendre le dégel.

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Après un Montréal envoûté par l’air glacial et la neige, c’est un Montréal aux lumières rasantes qui se profile. Un Montréal estival, ouvrant ses portes à un temps clément, un Montréal éloigné des clichés que l’on nous débite à longueur de journée. Montréal, son charme presque européen, mû sous une attitude quasi-américaine, Montréal unique. Montréal comme un grand Williamsburg, où une explosion culturelle est à l’œuvre. Un Montréal fantasmé, qui cache sous un dynamisme apparent un mal être récurrent.
Peter Peter, nom aux résonances enfantines, une sorte de Peter Pan en écho, tend sous sa voix juste éclose une pop douce-amer. Derrière des mélodies scintillantes, sourire de façade, se trouvent des paroles, des mots balancés à la noirceur affichée. La mélancolie est là, aux portes du bonheur. Loin d’être déprimé, on se laisse porter. La nostalgie est présente, mais on tente de ne pas se laisser totalement tomber dans la dérive du regret. Ainsi, indirectement, Peter Peter nous pousse à écouter la directive pascalienne : « Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens; le seul avenir est notre fin. Ainsi, nous ne vivons jamais, mais nous espérons vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. » Le présent se doit d’être vécu, et on doit lutter pour, on ne doit pas le laisser de côté. C’est à quoi on se raccroche quand on écoute son lent chuchotement sur Une Version Améliorée de la Tristesse : « Moi et mes amis travaillons forts à noyer la douleur et l’ennui, nous forgeons au sein de nos ivresses, une version améliorée de la tristesse. » Ne pas se perdre, trouver une trouée dans tout ce brouillard.
Tergiverse n’est pas mieux : « Quel âge aurais-tu si le monde venait à s’écrouler« . L’artiste nous montre une face absurde de nos vies, on se perd, on plonge dans « le néant » comme on l’entend sur Réverbère et pourtant, le contraire opère. Transporté, l’idée est plutôt de trouver un sens à tout ça, de ne pas se laisser avaler.
Beauté crépusculaire, Peter Peter nous plonge dans un spleen universel, dans une débauche omniprésente, sans nous donner une clef au bonheur, sans faire apparaître l’espoir. Et par psychologie inversée, l’amertume nous mène à la sortie de l’obscurité, à l’aube, à la tolérance.

 

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