Kings Of Leon – Mechanical Bull

Vous ne pouvez pas être passés à côté de ces Rois, de leurs cris ravageurs qui rameutent les clans, de leur cordes rugissantes, qu’elles soient vocales ou instrumentales, de leurs sons à réveiller des catacombes … Kings Of Leon c’est ça, ou plutôt, c’était ça …

Arrivée tonitruante, en grande pompe. Le convoi est annoncé, les monarques arrivent défendre leurs places. Déception.  Ce n’est pas que le timbre de Caleb Followill soit devenu un léger feulement, loin de là, mais c’est qu’on le retrouve sans surprise. La tribu Folowill au complet, reprend de façon naturelle son trône.
Supersoaker démarre. La volonté y est. Le morceau cherche le succès d’un feu Sex On Fire. Le goût implacable de nouveauté triomphante n’y est pas, la frustration sonore se profile. Ne nous arrêtons pas à ça, continuons nos efforts. Seconde impression, les sonorités vagabondent aussi du côté du sublime Slow Night, So Long, mais rebelote, il ne parvient pas à égaler sa puissance.
Mais bon, passons … continuons la visite avec Rock City, et ses allures de salle des portraits, celle des pères et mères du quatuor. Du coin de l’œil, nous observons ses influences 70’s, où Bowie a sa place, ou si ce n’est lui Ziggy son fabuleux aler ego. Ce morceau hommage, s’impose comme la pièce maîtresse d’un disque qui est loin d’être de platine, d’or ou de diamant.
Don’t Matter résonne comme une recrudescence grunge, si ce n’est punk, au moins les 45 premières secondes. Voix plus éraillée, bien appuyée, qui nous fait tourner la tête du côté de Kurt Cobain. Si le leader de Nirvana pouvait encore entendre, pas sûr qu’il s’en réjouisse, il serait même plutôt mal à l’aise dans son cercueil.
Dix secondes crépusculaires amorcent Beautiful War. Un autre registre, qui ne réussit pas. Un morceau gémissant, dont le principe a été vu et revu et bien mieux exploité ces dernières années. Plus l’album avance, plus une idée s’érige : faudrait-il retirer leurs sceptres aux Kings ?
Temple s’annonce mieux. Mais on ressent comme une impression de déjà vu … Comme si la dynastie était allée piocher du côté des Seigneurs du fief voisin, quelques idées. Que ce soit dans la rythmique ou dans la tonalité, Temple n’est pas sans rappeler d’autres noblesses rock, comme The Strokes.


Wait For Me, reprend un ton languissant. Les Followill seraient-ils vraiment sur le déclin ? Ce serait bien dommage, vu les efforts qu’ils ont déployés en temps de guerre pour accéder à l’investiture. Vu la rage et la fougue qu’on leur a connu ! Se battre pour arriver à une telle prestation, quel gâchis ! Faudrait-il les ébranler un peu afin de retrouver leur côté combattif dont nous nous délections tant ?
Family Tree ne défend pas non plus leur cause. Un titre mou, avec une basse trop présente, et un chœur impromptu, qui ne fait que les desservir. Avant ils n’avaient pas besoin de ces voix supplémentaires. Leur peuple venez de son plein grès mêler leurs timbres aux leurs. Aujourd’hui, c’est comme si on cherchait à les y obliger … Mauvais choix, cela pourrait causer une petite révolution au sein de leurs fidèles auditeurs.
Il n’est pas nécessaire de détailler le reste puisque les sept premiers titres dressent le panel. En rajouter serait se faire du mal. La larme à l’œil, on voit déjà de belles intentions mourir, c’est amplement suffisant.
Une exception réside peut être dans On The Chin. Tempéré, lent, criant et mélancolique, il pourrait même illustrer la pensée principale qui nous a habités le long de l’écoute. L’âge d’or de Kings Of Leon, tirerait-il à sa fin ?

Mechanical Bull se présente comme une visite et une interprétation de différentes périodes du rock depuis les années 1970. Vous vous en doutez, on aura vu un album plus inspiré, surtout d’un groupe qui a été aussi prometteur. L’énergie qui faisait de Aha Shake Heartbreak (2004) un second essai à la perfection rare, ne se ressent plus. Ici, les mauvais choix se succèdent. Comme dans tout régime, la caste fait face à un moment de déclin appelant au renouvellement. On ne peut que leur souhaiter de résister, de se réinventer et d’apporter un peu de nouveauté. Parce qu’avouons le, comment pourra-t-on ne pas les regretter, eux autre fois si bons et si généreux ?

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Kings Of Leon, Mechanical Bull – RCA Records – sortie 24 septembre 2013
Site Officiel –  iTunes

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