Chronique d’un festival à Montréal #1

Osheaga, a résonné des milliers de fois dans ma tête ces derniers mois, mais je ne réalisais pas. Osheaga, que c’est doux comme nom, il ne laisse pas présager la claque non moins agréable que le festival met, au visiteur amateur. Qu’imaginer un pied posé à Montréal, le programme devant les yeux et donc tout excité par un line up dingue en plus d’être éclectique ? Bah, pas besoin de tergiverser longtemps.

© Alt-J // Facebook Officiel du festival

© Alt-J // Facebook officiel du festival

Après quelques problèmes pour arriver à temps sur le site, c’est à 16h20 que je débarque le sourire aux lèvres devant la scène de la Rivière, pour profiter de la découverte indé 2012, Alt-J. Bien avant le souffle décapant que prodigue ce groupe, c’est la taille et la disposition du lieu qui sèche. Faut dire que le Parc Jean Drapeau, situé sur l’île Sainte Hélène a de la gueule. Et son découpage est rondement mené : petit coin plage, carrés d’herbe verte ou gradins font face aux deux scènes principales. Le tout accueille pas moins de 40000 spectateurs calmes mais heureux, à l’image de la grande ville Québécoise, où tout habitant semble dans la même mood.

En attendant, qu’en est-il du quatuor anglais ? Une belle mise en bouche, avec un live où se dégage une énergie particulière, tout en finesse, que l’on se hâte de dévorer. Avidement le regard se cramponne sur chaque musicien afin de tenter de comprendre comment ces belles sonorités sont créées. Avec un album, le choix des morceaux n’est pas vraiment étonnant, mais le plaisir est là, d’enfin entendre en direct les compositions labyrinthiques à tendance mélancolique d’Alt-J.

18h, direction la scène Piknik Electronik. C’est en longeant le bord du Saint Laurent que je m’y rends tranquillement, tant la vue sur Montréal est magnifique. Le lieu d’arriver est lui aussi d’envergure, une scène isolée, entourée d’arbres ou d’eau, qui inspire plutôt le repos alors qu’il n’y passe que de l’électro.

Rudimental vendu comme un groupe redonnant de l’âme à la drum’n’bass, n’est pas du tout à la hauteur. Le premier morceau donne un instant l’illusion d’un beau projet, mais les trois suivant détruisent tout ceci, et révèlent le vrai visage de la formation. Quelque chose d’assez répétitif voire poussif, dont on se lasse rapidement. 
Retour scène de la Rivière à 18h45 pour assister au très attendu Vampire Weekend.

Vampire Weekend // Facebook officiel du festival

Vampire Weekend // Facebook officiel du festival

Ouverture des festivités en fanfare avec leur nouveau single Diane Young, peu après Step prendra le relais afin de radoucir le climat avant de relancer vivement le concert avec Holiday et surtout A-Punk, suivi magistralement de Ya Hey. Malgré les efforts d’Ezra Koening pour donner du charisme au groupe, et son amabilité enjouée envers le public, les quatre membres sont plutôt statiques derrière leurs instruments. C’est dommage, avec leurs titres on se serait plutôt attendu à quelque chose d’explosif.

Une fois Vampire fini, ça bouge du côté électro, JETS débute. Le duo formé par Jimmy Edgar et Machinedrum, envoie un mélange de bass et de house qui tabasse mais qui est indéniablement bien produit. Des DJs comme on les aime, pour une performance respectable.

Le dernier concert de la journée aura le privilège de revenir à The Cure. À mon âge, aimer les Cure, ce n’est pas générationnel mais inter-générationnel, si les parents aiment, c’est plus facile d’y prêter l’oreille. Du coup, s’y être planté relève plus du fantasme, comme si il était possible de recueillir quelques lambeaux d’une époque depuis longtemps dépassée, dont survivent envers et contre tout quelques phénomènes, dont les britanniques font parti. Sans un seul mot accordé à la masse se bousculant face à la scène, Robert Smith entonne sans répit les morceaux, dans un mouvement de crescendo. Une myriade de chansons d’amours, tel The End of The World ou Lovesong, inspirant nostalgie, et une émotion flagrante au sein des personnes m’entourant, entame leur set. Puis vient In Between Days, qui amorce un tournant, suivit de Just Like Heaven, ça commence à chanter et à danser. Le silence total accueille A Forest moment d’anthologie, où l’on se délecte de chaque note, de chaque seconde jouées, tel un breuvage rare. Vient le temps de la cold wave pure et dure avant de virer vers un côté plus rock qui m’est inconnu du groupe. Le fond de scène étant une mise en abîme des musiciens en train de jouer, ajoute un côté étrange au live.

The Cure // Facebook officiel du festival

The Cure // Facebook officiel du festival

Le tout forme une prestation à la hauteur, presque touchante, qui semble évoquer This Must Be The Place.

Une belle journée, qui laisse attendre les suivantes … en espérant ne pas être déçue.

Retrouvez aussi mes chroniques sur : http://www.laboiteamusiqueinde.com

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