Garorock 2013

garorockLe temps passe inlassablement, mais des habitudes résistent. Le Garorock est une de celle là, cette habitude évolue même au fil des ans.

2013 est sans doute un grand cru ! Cette deuxième année dans un espace ouvert et vert, la plaine de la Filhole, nous montre une organisation plus développée du site et encore améliorée malgré le manque certain de toilettes.
Résumer le Garorock ? C’est simple, en deux mots, ce festival condense le Sud-Ouest ! Une ambiance conviviale, où les gens ne se renferment pas sur eux-même, où il y a du partage, des émotions, et par intermittence du soleil (ou de la pluie). Les huitres et le vin blanc étaient aussi disponibles pour parfaire le portrait régional ! Et puis, le petit plus du festival reste sans hésiter les auto tamponneuses qui permettent de rigoler entre deux concerts.

Le camping était indéniablement le prolongement de la soirée. Fanfare, van du Reggae Sunska, ou concours de foot organisé en partenariat avec So Foot, autant d’animations qui n’ont laissé aucune occasion au festivalier aguerri de s’ennuyer.
Passons aux choses sérieuses : la programmation. Elle faisait saliver sur le papier. En vrai, elle ne s’est pas faite prier pour être dévorée à grandes bouchées.

Vendredi 28 juin :
C’est les mains sciées, et les pieds déjà hachés par l’installation, que nous sommes arrivées sur place, mais la tête ouverte et prête à ressentir plein de sonorités. Les yeux écarquillés, les oreilles alertes et le sourire aux lèvres, nous étions dans de bonnes dispositions afin de commencer l’expérience avec Asaf Avidan. Sa voix est conforme aux disques, sauf que là, l’émotion est plus forte, plus violente, et c’est la larme à l’œil que l’on entonne les paroles de reckoning song :
One day baby, we’ll be old
Oh baby, we’ll be old
And think of all the stories that we could have told
Après cet instant pur, 15 minutes nous séparent d’un autre moment magique. Wax Tailor débute, et retrace durant une heure, son dernier album : Dusty Rainbow From The Dark. Pour la fin, il a gardé Que Será, comme un cadeau supplémentaire. Un concert sincère, utilisé jusqu’à la dernière minute. Pour les adeptes de son mélange d’électro et de hip hop, le set s’est révélé plus que cohérent. Et puis, il est vivant, car Wax Tailor n’est pas resté seul sur scène mais a été accompagné de musiciens et de chanteurs, qui ont repris les titres auxquels ils avaient collaboré. On y vérifie l’adage de Gainsbourg (dans Un Violon, Un Jambon), « tous tes soucis que le diable les emporte, jusqu’à demain« . C’est littéralement ce qui se passe, tout le négatif s’envole d’un coup, et permet de s’immerger avec encore plus d’ardeur dans l’ambiance de l’évènement. Pourquoi autant de force ? Comme il l’a fait sentir lors de la conférence de presse, et à la fin de son concert, le Garorock, il s’y sent bien.
L’élément principal de la soirée reste le groupe sud-africain Die Antwoord. Le risque était d’être facilement déçu par une prestation qui aurait pu ne pas être à la hauteur de leurs clips et de leur image. Loin de là, un décor qui leur colle à la peau, des danseurs et leur flow, ont rendu le show inoubliable. Tous les titres imparables y étaient, et l’adepte que je suis y a perdu sa voix à force de s’égosiller au son de Cookie ThumperBabies on FireEnter The NinjaEvil Boy ou encore Beat Boy. Yolandi Vi$$er conserve une dégaine de femme enfant, à la fois innocente et malsaine, a la voix suraigue. Ninja garde son air peu rassurant de gangsta et accompagne avec hargne leur hip hop zef dont le son est déversé par Dj Hi-Teck. Sur l’écran géant situé entre les deux grandes scènes défilaient des photos propre au groupe, dont une du défunt DJ Solarize et une autre de leur fille, Sixteen (pour ceux qui ne le savent pas Yolandi et Ninja sont aussi ensemble dans la vie).
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La nuit est là, l’électro de Vitalic prend place. 17 ans de pratique au compteur, presque autant que le Garorock font de lui un mastodonte du genre. Un set comme on les aime, avec des enchaînements bien rythmés et une foule hystérique, frétillante comme des poissons hors de l’eau. Le final sur Poney Part 1 ressemble au rêve ultime : finir en ayant l’impression de planer.
Birdy Nam Nam, a déjà eu de nombreuses occasions d’apprivoiser la scène marmandaise. L’édition 2013 montre qu’ils ont pris le coche, et qu’ils ont poussé le vice de l’électro un peu plus loin, le rapprochant vaguement de la techno. Que dire de plus qu’efficace ? Les quatre DJ ont étonné de par leur dextérité et leur rapidité, que l’on a pu observer gràce aux gros plans sur leurs mains.

Samedi 29 juin :
Le premier jour a été redoutable, et le second fut son égal.
On entame ce long repas à 18h35 avec Biga*Ranx, le jeune prodige français du reggae, qui a la voix d’un rastaman jamaïcain. Sur une autre scène, on entend d’une oreille distraite Patrick Watson qui malgré l’éloignement reste perceptible et semble touchant.
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Il y a quand même eu une grosse déception, tel un morceau de tofu nature, elle s’appelle Willy Moon. Le néo-zélandais est très excitant en disque, où sa navigation entre plusieurs styles est réjouissante. Mais en live, un goût avarié entre en bouche, qui est dû pour parti à son retard sur scène, et à la sensation qu’il transmet. C’est un personnage antipathique, qui ne sait gérer son image, et donc transforme tout en flop. Le public ne lui fera pas honneur.
De Saez je n’ai retenu qu’un cri continu, pas désagréable, mais qu’il faut déjà savoir apprécier, avant de pouvoir assister pleinement à un de ses concerts.
Enfin, un vrai évènement se produit avec Skip The Use, d’autres habitués ! C’est la 3ème fois qu’ils se produisent dans le cadre du festival, et la deuxième année consécutive. Est-ce une fois de trop ? Non, suis-je tentée de répondre. L’an dernier certains les ont ratés, et j’en suis ! Enfin un produit de qualité, et dont on connait la provenance. C’est sur-vitaminé qu’on les retrouve, plein d’en-train, face à un public dont les papilles saturées d’émotions, est accroché à toutes les sonorités diffusées. Malléable à merci, comme hypnotisée, la foule se déplace comme on lui demande. Le tout rend un spectacle complet qui aspire des milliers de personnes partageant un moment particulier, dans une spirale en dehors de la réalité. L’instant où ce fut le plus flagrant est sans doute pour Ghost ou pour la reprise de Smells like teen spirit.
Petite pause, histoire de reprendre son souffle. Et puis, de nouveau inspirations et expirations se cadencent au son de quelques notes, en l’occurrence celles de Bloc Party. Frénésie générale, sauts incontrôlés et ambiance joviale malgré la vague brume pluvieuse et le décor extérieur digne d’un roman d’Emily Brontë.
Longue reprise de conscience … mais c’est inlassablement que l’on se laisse reprendre par le flot musical qui réside dans l’air. Paul Kalkbrenner aura raison de nous. Les DJ ayant le crâne dégarni nous auront envahis en deux jours, et je me demande innocemment si il  ne faudrait pas se raser les cheveux pour devenir un génie de l’électro, de la house ou de la techno. En tout cas, ce n’est pas le berlinois qui va démentir cette théorie, puisqu’il nous submerge et nous abat dans son univers, dont on décolle pour rejoindre une autre scène.
Make The Girl Dance, fait bouger les filles, mais aussi les garçons par la même occasion. Par curiosité on y jette un tympan, un œil et puis son corps. On se laisse aspirer par leur style, leurs réflexions entre deux mixs et par les personnages tout simplement. Un bon digestif, avant d’aller se coucher.

C’est vidé, plein de belles images en tête, de sensations, et de musique, que l’on se retrouve face au néant, en quittant le camping le dimanche matin. Heureusement que le soleil est là, pour nous dire que l’année d’après ne sera que le recommencement d’une expérience qui aura muté. Nous nous y retrouverons vieillies d’un an et nous y fêterons une double majorité, la sienne, et la notre. À l’année prochaine Garorock, pour se souhaiter nos 18 ans et souffler ensemble nos bougies pour trois jours qui seront encore emplis de folie.

Pour les prochaines années, à savoir, un concours de  déguisement est organisé dans le cadre du festival ! Retrouvez le sur : https://www.facebook.com/Garorock2012ConcoursDeDeguisements?fref=ts

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