Daft Punk – Random Access Memories

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Tout a déjà été dit ou presque, beaucoup a été écrit, et pourtant, comment ne pas céder à l’envie de chroniquer le phénomène français, qui bouscule à chaque fois la planète électro de l’hexagone.
Loin d’un énième Discovery, ou d’une bombe digne de Human After All, ou même de la puissance de Alive dont les associations des morceaux semblaient juste parfaites, Random Access Memories redéfinit une nouvelle fois la loi des deux parisiens casqués. Ce n’est pas lors de la découverte des 13 titres que l’album prend son ampleur, mais plus tard, après une dizaine d’écoutes. Le pari mené par ces joueurs de renom semblait risqué, c’est vrai que la mise est plus mainstream que jamais. Et pourtant, le jeu en valait la chandelle. Seuls un ou deux morceaux dénotent sur toute la partie, et on les oublit vite, par un Get Lucky encore plus calibré version CD que radio. On croirait presque le redécouvrir, tout en le connaissant déjà par cœur. Rien qu’avec lui, Daft Punk remporte le tournoi électro français, qu’on le veuille ou non. Le disco remis au goût du jour est osé, et pourtant réussi. C’est là toute la grâce de ces deux mastodontes, remporter avec brio ce que personne n’ose ou assume pleinement. Pharell Williams porte à merveille ce tube qui ne manquera pas de se retrouver sur n’importe quelle piste de danse cet été. Le chanteur de N*E*R*D, alimente aussi avec force Lose Yourself To Dance un autre placement risqué par les DJ, qui est doublé voire triplé avec aisance. Pas besoin d’une variété de notes pour qu’on ait littéralement envie de danser jusqu’à en oublier où on est. À ce stade, les deux parisiens gagnent avec une facilité déstabilisante une autre manche : celle de l’originalité.
On ne peut pas passer à côté de Giorgio by Moroder, même si le reste du disque peut se révéler insupportable pour certain. Rien qu’écouter ce que (« Giovanni Giorgio but everybody calls me ») Giorgio Moroder a à raconter est passionnant. Le plus est que son histoire est orchestrée avec talent, pas besoin de bluffer, tout est calibré et colle sans bavure au récit. L’évolution est flagrante, le mélange réussi. Within permet de continuer dans la lancée, histoire de ne pas perdre la main sur ce qui leur réussi. Il rappel vaguement un autre morceau marquant, un coup de maître : Nightcall de Kavinsky. Julian Casablancas est un atout utilisé sur un titre aux sonorités proches des deux derniers albums des Strokes, s’inscrivant avec légitimité dans Random Acces Memories. Le refrain est accrocheur, plus mélancolique que joyeux, il sonne même un peu défaitiste, c’est ce qui le rend si attachant, et qui au contraire conquit nos tympans.
Une nouvelle partie débute, et cette place maîtresse est reprise par Doin’ It Right, que le featuring avec Panda Bear rend encore plus conséquent. Du Daft Punk revisité avec plus de légèreté. L’intro de Beyond est digne du générique d’une série des années 80, kitsch et intergénérationnel ! Ça va aussi bien à la ménagère de 50 ans, qu’à un trentenaire en mal d’inspiration ou à un ado blasé. Touch est un nouveau souffle dans le set, d’une grâce et d’une beauté déstabilisante, qui décolle sans accroc. Paul Williams pourrait être le musicien reconnu se produisant sur la scène du Caesar Palace à Vegas.
Et quand le jeu est fini, que les Daft Punk ont multiplié leurs gains, ils peuvent partir en roadtrip, traverser les US sur Contact. Ils savent maintenant que même si ils disparaissent cinq ans, le public sera toujours prêt à les accueillir.

Plus d’infos
Daft Punk – Random Acces Memories
Sortie le 20 mai 2013
Columbia Records
Téléchargement sur iTunes
Site officiel

6 réflexions sur “Daft Punk – Random Access Memories

  1. Salut Louison! Franchement, j’aime bien cet article, tu résumes plutôt bien tout un CD mais je trouve dommage que tu ne fasses pas de paragraphes, c’est assez lourd à lire si on ne s’y intéresse pas… Bref, continue ;)

    Tu as entendu parler d’autres artistes de rue comme OBEY, Banksy… etc? ça a rien à voir mais tu pourrais refaire un nouvel article? ^^

  2. J’ai toujours eu un faible pour Homework…
    Vous avez bon goût Louison, comme le prouve, entre autres, votre article sur Vampire Weekend !

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